La Carte bleue de l’Union européenne est un permis de travail destiné aux résidents d’un pays non membre, comme l’Algérie, leur permettant, suivant certaines conditions, de venir travailler plus facilement sur le territoire de l’UE.

Un équivalent européen à la Green Card américaine

La Carte bleue utilise le système de l’immigration choisie, qui a pour but de rendre l’immigration à long terme plus rentable pour les pays européens. Elle est uniquement destinée aux travailleurs hautement qualifiés. « La Carte bleue » est, en quelque sorte, l’équivalent de la « Green card » américaine qui existe depuis 2009, et « définit les conditions d’entrée et de séjour que les ressortissants de pays tiers (et les membres de leur famille) doivent remplir pour occuper un emploi hautement qualifié dans les États membres de l’UE ».

Mais comme l’explique le parlement européen, « les conditions n’étaient pas attractives » et les personnes qualifiées « préféraient d’autres pays », notamment les États-Unis. « Seules 36 806 Cartes bleues ont été émises en 2019 dans l’UE, dont la plupart par l’Allemagne », précise à ce propos un communiqué du Parlement européen publié le 15 septembre dernier.

Le Conseil de l’UE adopte la nouvelle directive sur la Carte bleue

Afin de remédier à ce problème et attirer plus de monde, le Conseil de l’Union européenne a adopté une directive relative à la Carte bleue, votée le 15 septembre par le Parlement européen. Une directive qui établit les conditions d’entrée et de séjour des ressortissants non européens hautement qualifiés qui envisagent de vivre et de travailler au sein de l’UE. Grâce à la directive sur la Carte bleue, qui a été officiellement adoptée le 7 octobre, l’UE vise à attirer et à retenir les travailleurs qualifiés, en particulier ceux qui sont nécessaires dans les secteurs confrontés à des pénuries de compétences.

Voici les nouvelles règles relatives à la carte bleue de l’UE

Les nouvelles règles relatives à la Carte bleue européenne, qui remplaceront l’actuelle, visent à harmoniser les conditions de séjour et d’entrée des travailleurs hautement qualifiés et qualifiés ainsi qu’à accroître son attractivité. Ainsi, « les candidats devront présenter un contrat de travail ou une offre d’emploi ferme d’une durée minimale de 6 mois au lieu de 12 mois ». En outre, « le seuil salarial pour les demandeurs a été réduit à au moins 100 %, mais pas plus de 160 % du salaire annuel brut moyen dans l’État membre contre 150 % actuellement, sans limite supérieure », décrit encore le parlement européen.

Qui peut bénéficier de la Carte bleue européenne ?

L’autre changement important concerne désormais les réfugiés. En effet, comme l’annonce le parlement européen, « les bénéficiaires d’une protection internationale, tels que les réfugiés, pourront demander une Carte bleue dans d’autres États membres que celui où ils ont reçu l’asile ou un autre statut de protection ». De même, le parlement facilite « la reconnaissance de qualification en cas d’expériences professionnelles pertinentes ».

Dans la législation précédente, un détenteur de la Carte bleue ne pouvait pas se déplacer dans un autre État que celui où il travaillait. Désormais, les députés européens autorisent « les détenteurs d’une Carte bleue européenne à pouvoir se déplacer plus facilement d’un État membre à l’autre après une période initiale de 12 mois dans le premier État membre ».