L'Algérie compte une importante diaspora qui pourrait être d'un apport considérable pour le pays dans divers domaines. Les pouvoirs publics ne cessent d'ailleurs de faire les yeux doux à cette importante communauté à chaque fois que l’occasion se présente. C’est encore le cas à l’occasion de la Conférence des chefs de missions diplomatiques et consulaires algériennes qui se tient du 8 au 9 novembre à Alger.

Après le discours du chef de l'État Abdelmadjid Tebboune, prononcé le 8 novembre à l’ouverture de cette conférence où il avait évoqué le rôle des missions diplomatiques algériennes à l’étranger, le Premier ministre Aymen Benabderrahmane a abordé ce mardi 9 novembre le volet économique et surtout le rôle de la diaspora dans le développement économique et son apport sur le plan financier.

1,7 milliards de dollars est « dérisoire », estime le Premier ministre

Le Premier ministre a relevé dans son discours « un ensemble de lacunes qui empêchent une plus forte participation de la communauté algérienne à l’étranger au développement de l'économie nationale » et de « revoir à la hausse le volume de transfert de fonds au pays ». Pour le Premier ministre « ces transferts qui ne dépassent pas 1,7 milliard de dollars en 2019 » sont « dérisoires » et ce volume ne « cadre pas avec la taille de la communauté algérienne à l'étranger ».

En effet, les envois d’argent de la diaspora algérienne vers le pays ont connu une baisse sensible en 2020 par rapport aux chiffres de 2019, selon les statistiques de la Banque mondiale (BM). En effet, selon la dernière édition de la note d’information de la BM sur les migrations et le développement, les envois de fonds officiellement enregistrés vers l'Algérie ont atteint 1,682 milliard de dollars en 2020 contre 1,786 milliard de dollars en 2019, soit une baisse de 5,8%.

La totalité des fonds envoyés par la diaspora algérienne représente à peine 1,2 % du produit intérieur brut (PIB) de l’Algérie, selon la même source. Les données de la Banque mondiale font ressortir que les envois de fonds vers l’Algérie ont observé une tendance stable autour de 1,9 milliard de dollars entre 2015 et 2019. Ils avaient atteint un pic de 2,45 milliards en 2014.

Le Premier ministre insiste sur la nécessité de « changer les choses »

Parmi les obstacles relevés par la Premier ministre et qui sont à l’origine de ce maigre apport de la diaspora en matière de transfert de devise,  figure « l'absence d'un réseau bancaire en Algérie ». À ce propos, Aymen Benabderrahmane a souligné « la nécessité de changer d'urgence la situation, et d'ouvrir des bureaux de représentation pour les banques algériennes à l'étranger, à l'instar de l’Afrique ».

Le Premier ministre a appelé les missions diplomatiques à « soutenir les compétences algériennes à l'étranger et à mettre en place une nouvelle organisation pour permettre à la diaspora de contribuer au développement du pays  dans un climat de confiance et d'assurer la transparence dans la mise en œuvre des projets des expatriés ».