C’est l’histoire déchirante d’un Algérien vivant en France depuis près de dix ans avec sa femme et ses enfants en bas âge, et qui s’est vu signifier une décision de quitter le territoire français. Une décision d’expulsion vers l’Algérie qui a suscité un élan de solidarité avec cette famille chez une large partie de la communauté de Trouville-sur-Mer, où ils résident.

Abdelkrim, un Algérien de 42 ans qui vit en France depuis 2012, risque d’être expulsé par la Préfecture du Calvados, laissant derrière lui une femme et quatre enfants, rapporte le 10 novembre le site Actu.fr. Le 2 novembre 2021, ce ressortissant algérien qui réside À Trouville-sur-Mer a reçu dans sa boîte aux lettres une ordonnance de la Préfecture impliquant une Obligation de quitter le territoire français (OQTF). Une expulsion qui devrait avoir lieu le samedi 13 novembre 2021, selon la même source.

Cette décision a suscité un grand élan de solidarité envers Abdelkrim de la part des voisins et des habitants de Trouville-sur-Mer. Une manifestation de soutien est prévue d’ailleurs le jeudi 11 novembre 2021 à 10 h, devant le commissariat de Deauville-Trouville. Originaire d’Algérie, Abdelkrim est arrivé en France il y a près de 10 ans. D’abord installés en région parisienne, Abdelkrim et Sara, son épouse, ont décidé d’aller vivre à Trouville-sur-Mer en 2016, « pour offrir le meilleur avenir possible aux quatre enfants », confie-t-il à Actu.fr.

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Une famille algérienne complètement intégrée en France

Abdelkrim et Sara sont parents de quatre enfants : Mohamed Ilyes, 12 ans, Abdel-Moumem, 10 ans, Rassim, 7 ans, et Nael, 4 ans. Tout comme sa femme, Abdelkrim travaille. « Il bricole, il a des mains en or, avec les petits moyens qu’il a, il peut faire de belles choses », raconte sa sœur Samia venue de la région parisienne pour lui apporter son soutien. « Il aide aussi beaucoup ses voisins, il a le cœur sur la main », ajoute-t-elle.

Les quatre enfants d’Abdelkrim et Sara sont tous scolarisés dans les établissements Delamare, René Coty, et Charles Mozin. « Ils ne parlent même pas arabe, ce sont des petits comme les autres : on ne leur a jamais dit qu’ils étaient autre chose que des Français », raconte leur tante. « On a tout fait pour qu’ils se sentent pleinement Français », ajoute Samia.

Un sentiment partagé également par le corps enseignant des quatre enfants. « C’est une famille complètement intégrée, il n’y a aucune différence avec les autres. Les enfants sont là depuis le début et ont vécu toute leur scolarité ici. C’est dramatique pour eux, c’est un déchirement », témoigne un enseignant. « Il ne vole pas, il ne nuit pas à la société, il paye son loyer, il a inscrit ses enfants à l’école. Il essaye de vivre humblement, sans demander rien à personne », enchaîne sa sœur.

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« C'est vraiment injuste », confie Abdelkrim

Tout en essayant de garder la tête haute, Abdelkrim, invité à quitter la France, se dit surtout inquiet pour sa famille. « Ce n’est pas comme ça que ça se passe, c’est vraiment injuste », lâche-t-il en commentant la décision de la Préfecture à son égard. En effet, après plusieurs de demandes de titres de séjours rejetées, Abdelkrim a reçu une Obligation de quitter le territoire français (OQTF). L'avocate de Abdelkrim a fait un recours au tribunal administratif de Caen. Un recours qui a également été rejeté. La procédure est actuellement en appel, à Nantes. « Mais l’appel n’est pas suspensif, c’est-à-dire que l’OQTF continuait de courir et que la Préfecture pouvait donc la mettre à exécution, ce qu’elle a fait », précise un proche du dossier à Actu.fr.