La diaspora algérienne ne cesse d'attirer l'attention sur les prix exorbitants des billets d'avion au départ et à destination de l’Algérie, particulièrement pour les voyages avec la France. Des prix que les responsables des compagnies de transport jugent abordables. Pour illustrer ces prix excessifs, nous avons pris l'exemple des prix pratiqués sur une autre destination. En effet, il s’avère que le prix du billet Paris-Alger est plus cher que celui de Paris-Tokyo.  

Ainsi, pour traverser la méditerranée et voyager sur une distance de 1'347,05 km en 2 h (durée du voyage Paris-Alger), il faut débourser en moyenne 513 euros avec la compagnie Air France, la seule qui desserve les deux destinations. Soit, 0,38 euro le kilomètre. Tandis que pour voyager de Paris vers Tokyo à bords de la même compagnie sur une distance 9'710 km, une distance traversée en 12 heures en moyenne, il faut débourser 380 euros, soit un coût de 0,039 euro le kilomètre. Cette comparaison met en évidence un écart de l'ordre de 1 pour dix sur le prix du kilomètre. Un écart difficilement explicable par les lois du marché, c'est-à-dire l'offre et la demande.

Cette situation qui perdure depuis des années continue à faire réagir la diaspora algérienne établie à l’étranger. En effet, les prix de la destination Algérie ont toujours été beaucoup plus élevés que ceux pratiqués sur d'autres destinations de l’Afrique du Nord. Ces tarifs ont également fait réagir les pour voir publics. Le Premier ministre Aïmene Benabderrahmane a annoncé, le 9 novembre, l'ouverture d'une enquête concernant la cherté des billets d'avion sur la ligne Alger-Paris. Intervenant au deuxième jour des travaux de la Conférence des chefs des missions diplomatiques et consulaires algériennes, le chef de l'exécutif a reconnu que les prix pratiqués sont excessivement chers. Il a ainsi, répondu aux doléances de l'ambassadeur d'Algérie en France, Antar Daoud, qui a soulevé la question.

Pourquoi les billets d'avion pour l'Algérie sont si chers ?

Il faut dire que les billets d'avion chez Air Algérie et Air France, qui assurent le plus gros des dessertes entre l’Algérie et la France, ont flambé depuis la réouverture des frontières. Ces deux compagnies qui se retrouvent dans une situation de quasi-monopole profitent de la grande demande des Algériens sur cette destination pour pratiquer des tarifs exorbitants.

D'ailleurs la flambée des prix des billets est en relation avec la fermeture des frontières, où devrait-on dire la réouverture partielle, on remarque par exemple que les vols réguliers, qui sont sensés être opérés lors de la réouverture totale des frontières sont affichés à bas prix chez certaines compagnies (comme TUI Fly qui propose un vol Charleroi-Alger à 59 euros), mais ces vols sont souvent annulés, car l'Algérie n'a pas donné d'autorisation à ces compagnies pour opérer des vols dans le cadre de la réouverture partielle des frontières, d'ailleurs les frontières algériennes ne sont actuellement ouvertes qu'avec 10 pays : la France, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, la Turquie, la Tunisie, la Russie, le Royaume-Uni, les Émirats arabes et le Canada.