L'apport de la diaspora en devise à son pays d'origine est souvent déterminant dans la croissance économique des pays émergeants, estiment les spécialistes. Durant l'année 2021, le volume des transferts de fond par les émigrés vers leurs pays a connu une hausse significative, selon les chiffres de la Banque Mondiale. Dans la région du Maghreb, c'est la diaspora marocaine qui occupe la première place en matière de transferts de fonts, très loin devant les Tunisiens et les Algériens.

La dernière note d’information de la Banque mondiale sur les migrations et le développement, publiée le 17 novembre, révèle en effet que les envois de fonds par les émigrés vers les pays à revenu faible et intermédiaire « devraient connaître une forte augmentation de 7,3 % et s’élever à 589 milliards de dollars en 2021 ».

Selon la BM, cette augmentation, qui « est supérieure aux prévisions antérieures », confirme « la robustesse des flux déjà observée en 2020 », quand « les remises migratoires estimés à 549 milliards n’ont baissé que de 1,7 % en dépit de la grave récession mondiale provoquée par pandémie de Covid-19 ».

Les transferts de fond des migrants ont connu une hausse en 2021 à travers le monde, selon la Banque Mondiale

Dans son rapport sur le transfert de fonds lié aux migrations, intitulé « La crise de covid-19 à travers le prisme de la migration », la Banque Mondiale a donné les détails sur l’ensemble des opérations de transferts d’argent effectués par les migrants à travers le monde vers leurs pays d’origine. L’institution financière a surtout tenu à préciser que les envois de fonds par les migrants « sont désormais plus de trois fois supérieurs à l'aide publique au développement » et, hors Chine, « plus de 50 % supérieurs aux investissements directs étrangers ». Un signe de « l'importance des envois de fonds dans le lissage de la consommation dans les pays bénéficiaires pendant les périodes de difficultés économiques », fait remarquer la BM.

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Selon la Banque mondiale, les envois de fond par les migrants au cours de l’année 2021 ont enregistré une forte progression dans la plupart des régions par rapport à l’année 2020 : Une augmentation de 21,6 % en Amérique latine et dans les Caraïbes, de 9,7 % au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, de 8 % en Asie du Sud, de 6,2 % en Afrique subsaharienne et de 5,3 % en Europe et en Asie centrale. En Asie de l’Est et dans le Pacifique, les envois de fonds ont en revanche diminué de 3,8 %. « Mais si l’on exclut la Chine, la région enregistre une hausse de 1,7 % », précise la note de la BM.

L'émigré marocain est plus généreux en matière de transfert d'argent que le Tunisien et l'Algérien

À propos du Moyen-Orient et l'Afrique du Nord (MENA), la Banque Mondiale a affirmé que les transferts de fond par les migrants de cette région « devraient augmenter d’environ 9,7 % en 2021 pour atteindre 62 milliards de dollars ». La BM explique cette hausse par « le retour à la croissance dans les pays d’accueil de l’Union européenne et à la flambée des prix mondiaux du pétrole qui a eu un impact positif sur les pays du Golfe ».

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Dans le détail, la Banque Mondiale a indiqué que c'est l'Égypte qui a connu une forte hausse dans la région MENA, avec des envois en 2021 estimés à 33 milliards de dollars, soit une hausse de 12,6 %. Suivie par le Maroc avec 9,3 milliards de dollars de fonds transférés par la diaspora marocaine vers son pays en 2021, ce qui représente une hausse de 25 % par rapport à 2021.

Concernant les deux autres pays du Maghreb, la Banque Mondiale a indiqué que les transferts des migrants tunisiens sont de l’ordre de 2,2 milliards de dollars, et ceux de la diaspora algérienne sont estimés à 1,8 milliards, soit un bond de 15,2 % pour les deux pays par rapport à l’année dernière.

En matière de l’apport des transferts de la diaspora pour le produit intérieur brut (PIB) des trois pays maghrébins, l’apport des marocains est estimé par la Banque mondiale pour l’année en cours, à 7,4 % devant la Tunisie (5,1 %) et l’Algérie (1,1 %).