À une année du coup d'envoi du Mondial 2022 de football, de nombreuses questions sont encore posées à propos des conditions d’attribution par la FIFA, en décembre 2010, de cette compétition au Qatar. Le président de la FIFA à l’époque, Sepp Blatter, est revenu ce dimanche 21 novembre sur le sujet, dans les colonnes du Monde, avec de nombreuses révélations.   

Pour l’ancien patron du football mondial, l’attribution au Qatar de l’organisation du Mondial 2022 par la FIFA est liée à des pressions politiques, exercées notamment par l’ancien président français Nicolas Sarkozy. « Sans l’intervention au dernier moment de Nicolas Sarkozy auprès de Michel Platini, le Qatar n’aurait jamais eu la Coupe du monde », révèle l’ancien président de la FIFA Sepp Blatter, dans un entretien accordée au journal Le Monde.

L'ancien président de la FIFA revient sur les dessous de l'attribution du Mondial 2022 au Qatar

Sepp Blatter a dévoilé dans les détails l’implication de l’ex-chef de l’État français dans le processus qui avait permis au Qatar de gagner le ticket de l’organisation du Mondial 2022 face à un concurrent de taille qui était les USA. « Les États-Unis n’avaient pas besoin de faire du lobbying politique. Les seuls qui avaient besoin de le faire étaient les Qataris. Ils ont joué la carte française », affirme Blatter.

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« Sarkozy a invité Platini à les rejoindre à la fin d’un déjeuner [le 23 novembre 2010] à l’Élysée auquel participait le prince héritier Tamim. Platini m’a appelé le lendemain matin pour me dire : "tu ne peux probablement plus compter sur moi et mes voix, car le chef de l’État a demandé si je pouvais soutenir le Qatar". Puis il me demande : "Qu’aurais-tu fait, toi ?" J’ai répondu que, si le président suisse me demandait ça, je resterais sur mon choix sportif », révèle l’ex-patron de la FIFA.

« J’en ai, bien sûr, voulu à Platini. On a refait les comptes, on a vu que quatre voix allaient manquer. Cela fut un grand un handicap. J’ai senti l’Afrique hésitante ; elle n’a plus été partisane des États-Unis au dernier moment. L’Europe a clairement fait pencher la balance », ajoute-t-il, non sans avouer qu’il savait à l’avance que c’est le Qatar qui allait être choisi par les membres de la FIFA.

« On a des regrets, mais on ne peut pas changer l'histoire », avoue Sepp Blatter

« Je m’y attendais, au vu des derniers développements, notamment le fait d’avoir été averti par Michel Platini [alors président de l’UEFA] que je ne pourrais plus compter sur lui et trois de ses compagnons concernant le gentlemen’s agreement [accord informel] que nous avions eu et en vertu duquel le Mondial 2018 irait à la Russie et l’édition 2022 aux États-Unis », explique Blatter.

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Alors que le Mondial 2022 s’ouvrira le 18 novembre 2022, Sepp Blatter, qui fait encore face à des soucis avec la justice pour des affaires liées à sa gestion de la FIFA, avoue aujourd’hui ses regrets de voir cette compétition se dérouler dans ce pays du Golfe. « On a des regrets, mais on ne peut pas changer l’histoire. […] Les Européens qui soutenaient le tandem Espagne-Portugal pour 2018 avaient conclu un accord avec le Qatar pour voter en faveur de l’émirat pour 2022. S’ils avaient vu que la Russie avait gagné, cet accord ne tenant plus, ils auraient décidé de voter dans la foulée pour un autre pays que le Qatar », reconnait-il, plus de dix ans après.