Alors que le chômage frappe toutes les catégories sociales en France, les ressortissants d’origine maghrébine se retrouvent confrontés à un autre problème : la discrimination à l’embauche. Les personnes d’origine supposée maghrébine subissent une discrimination à l’embauche « très importante », selon une récente étude.

Les ressortissants maghrébins peinent à se faire recruter en France en raison de leur affiliation. « Les Français issus de l’immigration maghrébine se heurtent à des difficultés importantes sur le marché du travail, et ce dès la première étape du recrutement », indiquent les résultats d’une étude menée sous l'égide du service statistique du ministère du Travail (Dares) et publiée le 24 novembre par l’AFP.

« La discrimination à l’embauche selon l’origine supposée reste élevée et un élément majeur du marché du travail en France. Elle est observée quelles que soient les caractéristiques des métiers testés », explique le compte rendu de l’étude de Dares. « En moyenne, à qualité comparable, les candidatures dont l'identité suggère une origine maghrébine ont 31,5 % de chances de moins d'être contactées par les recruteurs que celles portant un prénom et un nom d'origine française », ajoute la même source.

Les Maghrébins doivent envoyer 1,5 fois plus de candidatures qu'une personne avec le même profile ayant un nom à consonance française

L'enquête repose sur « l'envoi de CV fictifs en réponse à plusieurs milliers d'offres d'emploi dans une dizaine de métiers distincts », et il en ressort que « pour recevoir le même nombre de réponses positives », une personne d’origine supposée maghrébine « doit envoyer en moyenne 1,5 fois plus de candidatures qu’une personne ayant le même profil, mais dont le prénom et le nom sont à consonance française », selon les résultats de cette enquête menée entre décembre 2019 et avril 2021.

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Porter un nom ou un prénom maghrébin est souvent désavantageux pour les personnes qui cherchent un emploi en France, surtout pour les travailleurs peu qualifiés. « Les discriminations sont plus faibles parmi les salariés les plus qualifiés », ajoute l’étude, qui révèle que la discrimination envers les Maghrébins en France « est environ deux fois plus forte dans les métiers peu qualifiés en comparaison de celle observée dans les métiers qualifiés ». L’étude a conclu également que la discrimination « concerne aussi bien les candidatures masculines que les candidatures féminines » des demandeurs d’emploi d’origine maghrébine.