Y a-t-il discrimination à l'égard des étudiants francophones africains, dont les Algériens, dans le traitement des dossiers par les autorités de l'immigration du Canada ? Certains responsables québecois le suggèrent, d'autant plus qu'il existe dans la province du Québec cette grande « rivalité » entre les francophones et les anglophones.

Il y a un débat au Québec qui n'est pas très loin de la polémique. Les dossiers des étudiants africains francophones sont de plus en plus rejetés par les autorités fédérales canadiennes. Qu'ils soient Algériens, Togolais, Sénégalais ou Guinéens, les étudiants de ces pays semblent être indésirables dans le pays de l'érable, puisque leurs permis d'études sont souvent refusés. D'un autre côté, les étudiants venant de pays européens essuient rarement des refus.

Et si cela tend à se transformer en polémique, c'est parce qu'une bonne partie des dossiers rejetés par Ottawa ont eu un aval préalable des autorités de la province du Québec. C'est ce qui fait dire aux observateurs que cette réalité a un lien avec la traditionnelle rivalité entre les francophones et les anglophones, qui émaille la scène politique québecoise. Avec en toile de fond la question de l'indépendance de cette province francophone défendue par une partie des Québecois.

Les étudiants francophones africains victimes de discrimination au Canada ?

Les médias canadiens commencent d'ailleurs à débattre de ces refus qui concernent plus les étudiants francophones africains. Radio Canada a même fait parler des enseignants universitaires qui se contentent pour l'instant de faire le constat.

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Des établissements universitaires ont approuvé plusieurs demandes de permis d'études, mais le ministère fédéral d'Ottawa les a rejetées, et cela ne semble pas plaire aux dirigeants et aux enseignants des écoles et autres universités, à l'instar du Cégep de Thetford, qui a approuvé plus de cent dossiers d'étudiants francophones africains avant qu'ils ne soient rejetés par les responsables fédéraux.

Il faut dire que ce qui fait grincer des dents du côté du Québec, c'est que les refus décidés par Ottawa sont accompagnés de motivations peu convaincantes. Les autorités fédérales expliquent en effet leur refus par le fait qu'elles ne soient pas convaincues que le demandeur quitte le territoire canadien à l'expiration du permis d'études. Le Québec a fini par demander des explications aux autorités fédérales canadiennes pour être sûr que les étudiants francophones africains ne sont pas victimes de discrimination.