Très célèbre en France grâce à son succès dans la chanson, Gims, qui y réside depuis l’âge de 2 ans, ne détient pas pour autant la nationalité française. C’est le rappeur lui-même qui le révèle dans un entretien accordé le 23 janvier 2022 au Journal du Dimanche.   

Depuis la polémique qu’il avait suscitée en décembre dernier suite à sa vidéo sur le « Nouvel An et les musulmans », le rappeur Gims ne cesse d'attirer l'attention sur sa personne. Attaqué de toutes parts suite à sa vidéo publiée sur les réseaux sociaux dans laquelle il s’en est pris violemment à ses fans qui lui souhaitent « Bonne année », en les accusant d’être « contre la religion musulmane », le rappeur d’origine congolaise a fini par se fondre en excuses.

En effet, dans un entretien accordé le 23 janvier 2022 au Journal du Dimanche, le chanteur qui vit en France depuis l’âge de 2 ans et qui s’est converti à l’islam se dit « regretter d’avoir tenu de tels propos sur le Nouvel An », tout en révélant qu’il ne dispose pas encore de la nationalité française, en dépit de ses nombreuses demandes pour son obtention auprès des autorités françaises.

Gims, de son vrai nom Gandhi Djuna, a affirmé qu’il ne dispose même pas du droit de vote, en réponse à ceux qui l’accusent de soutenir la candidate Valérie Pècresse. « Non. Je ne soutiens pas Valérie Pécresse. Je soutiens sa démarche, en tant que présidente de la région Île-de-France, pour les jeunes talents. Je l'aurais fait avec tous les autres politiques, sauf avec les extrêmes (…) Les gens pensent que j'appelle au vote, alors que je n'ai pas la nationalité française. Moi-même je ne peux pas voter », affirme-t-il.

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« Je suis français dans l'âme, dans le cœur », affirme le rappeur Gims

À propos de la nationalité française, le rappeur de 53 ans qui a émigré en France avec ses parents dès l’âge de 2 ans, affirme qu’il en fera à nouveau la demande pour son obtention après une première demande refusée en 2018. « Je suis Français dans l'âme, dans le cœur. Il me manque "le papier officiel". Mais ça, ça ne dépend pas de moi. Apparemment le refus est lié à un délit que j'aurais commis quand j'étais mineur. Mais mon casier est vierge. Je referai une demande de nationalité. Je suis quelqu'un de très patient, pas du genre à baisser les bras », poursuit le rappeur.

Gims qui partage sa vie entre sa résidence luxueuse à Marrakech au Maroc, et la ville de Paris où il se rend régulièrement pour ses affaires professionnelles. « Je suis un drapeau français à moi tout seul. Quand je voyage au Qatar, aux États-Unis… je me présente comme un artiste français. Pas congolais. J'ai rencontré des élèves américains qui apprennent le français en étudiant mes chansons », ajoute-t-il.

Gérald Darmanin se dit « contre » la naturalisation de Gims

Questionné ce mardi 25 janvier à propos de la demande de naturalisation de Gims, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin s’est montré catégorique. Selon lui la dernière vidéo du rappeur à propos du Nouvel An serait « une preuve de non assimilation » à la société française. « Je ne vais pas rentrer dans les cas particuliers, mais on a déjà refusé la nationalité française à ce monsieur. Je veux dire qu’il y a un article très simple du Code civil, l’article 21-24. Nul ne peut être naturalisé s’il ne justifie de son assimilation à la communauté française », affirme Gérald Darmanin au micro de France Inter.

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Dans sa réponse, le ministre de l’Intérieur a expliqué que les propos de Gims sur le Nouvel An plaident contre lui lors de l’étude de son dossier de demande de la nationalité française, qui lui a déjà été refusé une première fois en 2018. « Ne pas souhaiter bonne année parce que ce n'est pas ce qu'auraient fait les amis, les frères de tel ou tel personnage, aussi sacré soit-il, ce n'est pas une bonne preuve d'assimilation à la société française », ajoute Gérald Darmanin. « De manière générale, les tenants de l’islam rigoriste ne sont pas une bonne preuve de l’assimilation à la communauté française », tranche-t-il.