Les actes antimusulmans ont connu une hausse sensible durant l’année 2021 en France, selon les chiffres officiels du ministère de l’Intérieur. De la profanation de lieux de cultes à des agressions et menaces verbales, la France continue à enregistrer d’autres actes contre les musulmans, comme cette affaire d’une carcasse de sanglier accrochée devant une enseigne de pompes funèbres musulmanes à Toulouse.

Un sanglier accroché devant les pompes funèbres musulmanes de Toulouse

Les habitants d’un quartier de la ville de Toulouse se sont réveillé le lundi 31 janvier en découvrant, stupéfaits, la carcasse encore sanguinolente d’un sanglier accrochée sur un panneau réservé aux propriétaires et clients du centre commercial du Barry, parmi lesquels des pompes funèbres musulmanes. Un acte qui ne s’est jamais produit auparavant, rapporte le site Actu.fr.

Cet acte a suscité de nombreuses réactions de la communauté musulmane de Toulouse, à commencer par le propriétaire de l’agence de pompes funèbres musulmanes « Al Isra Oua Al Miaraj », qui y voit une attaque ciblée contre lui et les musulmans de la région. « Je suis vraiment choqué, abasourdi ! Surtout pour mes enfants ! Ce n'est pas la première fois que ça m'arrive… » affirme, Djamel Sekkak, le patron des pompes funèbres à Actu.fr.

Selon ce sexagénaire d’origine algérienne, ce n’est pas la première fois  qu’il fait l’objet d’actes d’islamophobie. En 2015, son autre local situé dans un autre quartier de Toulouse avait été recouvert de tags insultants, témoigne-t-il. « Il y a deux ans, on m’avait déjà cassé toute ma vitrine. À Bonnefoy, ils ont tagué cinq ou six fois ! », déplore-t-il. « Cela ne s'arrête pas, car il y a écrit "Pompes funèbres musulmanes" », ajoute-t-il.

Des plaintes contre des actes islamophobes qui n'ont « jamais abouti »

Devant la multiplication des actes antimusulmans, Djamel Sekkak se sent aujourd’hui dépité, surtout en pensant à ses enfants, lui qui est engagé dans la vie associative et sportive à Toulouse. « C’est ciblé. Mais que voulez-vous qu’on fasse ? C’est pour mes filles que je m’inquiète le plus. Elles sont nées ici, on essaie de leur donner une éducation positive, de leur dire d’avancer… Elles ont même fini majores de leur école ! On travaille, on bouge ! Pourquoi ça n’arrive qu’à moi ? », déplore-t-il.

Tout en décidant de porter plainte suite à cet acte, Djamel Sekkak estime que cela ne va pas changer les choses. « On l’a déjà fait avant, mais ça n’a jamais abouti », se désole-t-il. Le groupe d’appui judiciaire (GAJ) a été saisi de l’enquête. Celle-ci devra déterminer s’il s’agit ou non d’un acte islamophobe, explique Actu.fr.