Autorisée dans le pays à l'issue une loi adoptée par le Parlement algérien en 2013, l’exploitation du gaz de schiste a été abandonnée suite à un grand mouvement de protestation dans le Sud algérien. Cependant, certaines voix s’élèvent pour la reprise de l'exploitation de cette source d'énergie, afin de pouvoir répondre à la demande mondiale grandissante. C'est le cas de Ali Hached, ancien vice-président de Sonatrach, qui considère que le non-conventionnel est un choix vital aujourd’hui pour l’Algérie.

Ali Hached a plaidé, lors de son passage à la radio Chaine 3, pour le démarrage rapide de l’exploitation du gaz de schiste, dont l’Algérie dispose de réserves importantes. L'ancien vice-président de Sonatrach estime qu' « Il y a aujourd’hui une lutte féroce pour s’accaparer les quelque 40 milliards de mètres cubes supplémentaires que le Qatar va mettre sur le marché… Le Qatar, qui est en passe de devenir le premier exportateur de GNL en augmentant ses capacités de production, est aujourd’hui l’acteur majeur qui va approvisionner le marché européen face à la rupture occasionnée par le conflit russo-ukrainien ».

Pour défendre ce choix, Ali Hached indique qu' « à court terme, l’Algérie n’a pas les quantités suffisantes à mettre sur le marché, mais à long terme, elle aura un rôle à jouer si on prend réellement à bras le corps le développement de nos réserves. Ces dernières sont considérables et pourraient rapidement, si les investisseurs venaient investir dans nos gisements, être une source d’approvisionnement extraordinaire… On pourrait mettre une dizaine de milliards de mètres cubes de gaz supplémentaires sur le marché et ensuite s’inscrire dans une trajectoire de développement de nos réserves qui nous permettra de redevenir un producteur de gaz majeur».

Les arguments des opposants à l'exploitation du gaz de schiste

L'ancien vice-président de Sonatrach affirme que « c’est quasiment un appel au secours pour le pays que je lance : démarrons le programme de développement de nos réserves non conventionnelles, c’est vital pour notre pays». « À moins de découvrir un gisement fabuleux de gaz conventionnel, mais le domaine minier est ce qu’il est, il ne peut donner plus qu’il ne peut. Dans 8 ans, nous risquons la rupture tant que nous continuerons à ne rien faire. Si on avait démarré le projet d’In Salah, nous aurions gagné aujourd’hui une dizaine de milliards de mètres cubes de gaz supplémentaires. À 25 dollars le million de BTU, on aurait eu 10 milliards de dollars par an, de quoi amortir tous les investissements et développer davantage. On pourrait devenir le Qatar vous en rendez-vous compte ? », insiste Ali Hached pour inciter la Sonatrach à revenir à l'exploitation de ce gaz.

Cependant il faut rappeler qu'à partir de 2013 un grand mouvement est né pour mettre fin à l'exploitation du gaz de schiste. Les opposants à cette source d’énergie ont mis en avant les dangers que représente la technique de fracturation hydraulique, utilisée pour extraire le gaz de la roche-mère. Ces détracteurs soulignent que les énormes quantités d’eau utilisées lors de chaque forage (15 à 20 millions de litres) inquiètent vivement. Les opposants à l'exploitation du gaz de schiste mettent également en avant les risques de pollution du sol, du sous-sol, de l’air et des
nappes d’eau souterraines qui viennent avec la fracturation.