Les prisons françaises regorgent de détenus algériens, dont le nombre ne cesse d’augmenter d’année en année, selon des chiffres officiels. Les Algériens arrivent, en effet, à la première place parmi les détenus étrangers originaires d’Afrique recensés dans les prisons françaises en 2021, devant les Marocains et les Tunisiens.

Dans un décompte, le premier du genre, effectué par l’administration pénitentiaire sur le nombre de détenus qui occupent les prisons françaises, il en ressort que de 17 198 sont des étrangers. Ce chiffre arrêté 1er octobre 2021, représente 25 % du nombre total des détenus dans les prisons françaises qui est estimé à  69 173 individus. C’est ce que rapporte Le Figaro, dans son édition du 23 février.

Le nombre de détenus étrangers, qu’ils soient prévenus ou condamnés, dans les prisons françaises ne cesse d’augmenter, puisque leur propension qui était de 17,2 % du nombre total des prisonniers il y a dix ans, est aujourd’hui estimée à 25 %, selon les statistiques de l’administration pénitentiaire.

3 472 Algériens détenus dans les prisons françaises

Parmi 17 198 détenus étrangers recensés en 2021, il est mentionné que 9 793 sont originaires de l’Afrique, soit 56 % d’entre eux, dont 3 472 en provenance d’Algérie, 2 220 du Maroc, 1 117 de Tunisie et 2 984 du reste des pays d’Afrique. 5 109 détenus étrangers sont originaires de l’Europe dont 2 983 sont ressortissants de l’Union européenne. Le reste des détenus étrangers dans les prisons françaises proviennent des pays d’Asie (880 détenus) d’Amérique, majoritairement du Sud (1308), selon la même source.

Détenus  algériens : Une facture salée pour l’État français   

Ce nombre important de détenus étrangers dans les prisons françaises, dont 3 472 sont algériens, coûte cher à l’État français. En effet, la prise en charge d’un détenu, entre les repas, l’eau, le chauffage et les frais de personnels, est de 110 euros par jour, selon l’administration pénitentiaire. Le coût total de la prise en charge des détenus étrangers avoisine les 700 millions d’euros par an.

La majorité des détenus étrangers, y compris donc les Algériens, se retrouvent en prison en mandat d’arrêt et une infime partie d’entre eux font  l’objet de rapatriement dans leur pays d’origine. « À peine une quinzaine de détenus par an », souligne une source de l’administration pénitentiaire, qui regrette le recours massif au mandat d’arrêt. « C’est regrettable, car cela permet à ces délinquants d’avoir un casier vierge chez eux », explique-t-elle.

La majorité des détenus algériens reste en France

Alors que la majorité de ces détenus étrangers font l’objet d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF), une fois leur peine accomplie, ils doivent toutefois être transférés d’abord de la prison vers le centre de rétention administrative (CRA). Mais une fois des les CRA, ces détenus sont souvent relâchés sans être renvoyés dans leurs pays d’origine, ajoute la même source, en évoquant des problèmes juridiques et administratifs.

En effet, pour exécuter une OQTF contre un ressortissant étranger, il faudra suivre toute une procédure allant de l’administration pénitentiaire jusqu’aux préfectures en passant par le parquet. « Compte tenu de la masse de détenus étrangers, ni les parquets déjà surchargés ni les magistrats de liaison ne sont en mesure d’assumer de tels flux », explique l’administration pénitentiaire.