La fermeture des mosquées en France se poursuit à un rythme accéléré. Accusés de radicalisme, plusieurs lieux de culte musulman ont fait l’objet de mesures de fermeture ces derniers mois. La dernière en date remonte au lundi 14 mars 2022, et a touché une mosquée à Bordeaux, qui a été fermée pour une durée de six mois.     

Visée par une procédure de fermeture temporaire le 24 février dernier, la mosquée Al-Farouk, située dans le quartier des Échoppes à Pessac, dans la banlieue de Bordeaux, a fait l’objet, lundi 14 mars 2022, d’une fermeture pour une durée de six mois sur décision de la préfecture de Nouvelle-Aquitaine et Gironde. Cette dernière accuse l’association « le Rassemblement des musulmans de Pessac » qui gère la mosquée « d’apologie du terrorisme ».

Selon la préfecture de la Gironde, le Rassemblement des musulmans de Pessac « promeut un islam radical et véhicule une idéologie salafiste. Des prêches et des propos ont régulièrement incité à ne pas respecter les lois de la République, justifié les attentats et valorisé la mort en martyr. Elle diffuse des publications haineuses à l’encontre d’Israël ».

Dans son arrêté, la préfecture estime que l’association qui gère cette mosquée « incite au repli identitaire et condamne les musulmans qui ne partagent pas leur vision rigoriste de l’islam. Elle accueille régulièrement des imams connus pour leur proximité avec l’islam radical et leur idéologie salafiste, et apporte son soutien à des organisations terroristes, des entités ou des personnes promouvant un islam radical. »

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L’association qui gère la mosquée de Pessac décide de saisir la justice

Autant d’éléments qui constituent des « activités incitant à la violence, à la haine ou à la discrimination, provoquant à la commission d’actes de terrorisme », estime la préfecture de la Nouvelle-Aquitaine et Gironde. Cette dernière a donc prononcé, lundi 14 mars 2022, par arrêté signé Fabienne Buccio, préfète de Gironde, la fermeture de la mosquée Al Farouk à Pessac pour une durée de 6 mois.

Le Rassemblement des musulmans de Pessac, qui gère la mosquée Al-Farouk a décidé de déposer un recours devant le tribunal administratif de Bordeaux. « Il faut souligner le décalage entre les accusations de la préfecture, comme la promotion du terrorisme, et la situation judiciaire » affirme Stefen Guez Guez, avocat de l’association dans une déclaration à France 3. « Il n’y a eu aucune enquête ouverte par le parquet, aucune garde à vue, et aucune audition d’aucun membre de la mosquée. C’est incroyable. Dans la réalité, il n’y a rien d’un point de vue judiciaire, car il n’y a rien à reprocher à l’association », ajoute-t-il.