Les marchés pétroliers sont instables et subissent de plein fouet la guerre en Ukraine. Les prix flambent et chutent au gré des déclarations des politiciens occidentaux et russes sur ce conflit armé. C'est dans ce contexte que l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) a publiés ses prévisions. Des prévisions qui sont prudentes sur la croissance mondiale et assujetties à l'évolution du conflit armé en Ukraine.

L'OPEP a ainsi déclaré, le 15 mars dans son rapport mensuel rendu public sur son site, qu’elle laissait « sous évaluation » ses prévisions économiques et ses estimations de la croissance de la demande et de l’offre de pétrole brut en 2022. L'organisation a cependant avertit que l’inflation alimentée par la guerre russo-ukrainienne pourrait réduire la consommation de pétrole, impactant ainsi les prix qui connaissent une hausse sans précédent.

L’OPEP est restée sur ses précédentes prévisions et a réaffirmé que la demande mondiale de pétrole augmenterait de 4,15 millions de barils par jour (mb/j) en 2022, et a augmenté ses prévisions de demande mondiale pour son brut. « Les prévisions de croissance de la demande mondiale de pétrole pour 2022 restent sous évaluation à 4,2 mb/j, avec une prévision OCDE à 1,9 mb/j et hors OCDE à 2,3 mb/j ». Cependant, l'OPEP explique que ces prévisions son conditionnées par l'évolution de la guerre en Ukraine.

« Le conflit en Europe de l’Est a accru le risque de baisse des performances de l’économie mondiale en 2022. Jusqu’à présent, et en plus de la pandémie en cours, le conflit a entraîné un certain nombre de problèmes clés, notamment l’augmentation des prix des matières premières, qui aggrave encore l’inflation mondiale. Les effets du conflit, en particulier la hausse de l’inflation, si elle se maintient, entraînera une baisse de la consommation et des investissements à des degrés divers », a indiqué l’OPEP dans son rapport.

Toutefois, l'OPEP reste dans l'expectative et explique que l'impact de cette guerre « reste à voir, compte tenu de la complexité de la situation et de la rapidité des développements ».

L’OPEP a également déclaré qu’elle s’attend à ce que le monde ait besoin de 29 millions de bpj de ses membres en 2022, en hausse de 100'000 b/j par rapport au mois dernier et permettant théoriquement de nouvelles augmentations de la production.

Il faut souligner que les prix du pétrole ont repris avec leurs tendance baissière. Les contrats à terme sur le pétrole sont passés en dessous des 100 dollars. Cette fois, le marché est secoué par une résurgence des cas de coronavirus en Chine, le plus grand importateur mondial de brut.

Le marché pétrolier est aussi impacté par des signes de progrès dans les pourparlers de cessez-le-feu entre l’Ukraine et la Russie. Les prix du pétrole ont baissé à leur plus bas niveau en deux semaines, dans la perspective de progrès dans les pourparlers de paix russo-ukrainiens, alors que la flambée des cas de coronavirus en Chine contrarie la confiance des investisseurs.

Cours du baril de Brent au 17 mars 2022

Cours du baril de Brent au 17 mars 2022. Source : Trading Economics