Longtemps passé sous silence, le harcèlement sexuel est révélé au grand jour dans les universités marocaines. Appelée « sexe contre de bonnes notes », l'affaire a été rendue publique par des médias locaux et sur les réseaux sociaux depuis plus d'une année. Cette affaire, dont ont été victimes des étudiantes de plusieurs universités marocaines, a fini par atterrir à la justice. 

En effet, la justice marocaine a condamné, hier mardi 22 mars, deux professeurs d'université respectivement à un an et à 18 mois de prison ferme pour « harcèlement sexuel » contre des étudiantes. Deux autres universitaires, poursuivis dans la même affaire ont été relaxés par le tribunal de première instance de Settat (centre ouest). Suite à cette condamnation, Aïcha El Guella, une avocate de la partie civile a déclaré à l'AFP que « c’est un jugement clément pour des affaires d'abus sexuel. Mais l’essentiel c’est que deux accusés soient condamnés à de la prison ferme ».

Il faut rappeler que les 4 enseignants cités dans cette affaire étaient poursuivis notamment pour « incitation à la débauche », « discrimination fondée sur le genre », ou encore « recours à la violence contre des femmes ». Les étudiantes, qui se sont constituées partie civile dans cette affaire qui a secoué le Maroc, recevront un dédommagement à hauteur de 60 000 dirhams (un peu plus de 5 500 euros).

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Par ailleurs , dans la même affaire de harcèlement sexuel la Cour d'appel de Settat a confirmé lundi soir la peine de deux ans de prison ferme prononcée contre un autre professeur de l'université Hassan 1er, condamné notamment pour « attentat à la pudeur avec violence », selon l'avocate.

La Genèse de l'affaire de harcèlement sexuel dans les universités marocaines

Il faut rappeler que cette affaire a éclaté en septembre dernier, à la suite des témoignages diffusés par les médias et sur les réseaux sociaux révélant un scandale appelé « sexe contre de bonnes notes ». Ce scandale implique plusieurs universités marocaines. Il s'agit de professeurs qui demandent des faveurs sexuelles à leurs étudiantes en contrepartie de bonnes notes aux examens. Des étudiantes de la faculté de Droit et d'Économie de l'université Hassan 1er de Settat ont été les premières à dénoncer ce chantage sexuel de certains de leurs enseignants. Ces premières dénonciations ont motivé d'autres étudiantes à apporter leurs témoignages sur des pratiques identiques de la part de leurs enseignants.

Suite à la médiatisation de ces pratiques par les étudiantes, la justice s'est saisie du dossier avec la convocation de 5 enseignants de l'Université de Settat, accusés de chantage sexuel sur des étudiantes. Ces professeurs ont comparu le 7 décembre devant le tribunal. Le parquet avait décidé de mettre 3 de ces professeurs sous mandat de dépôt. Quant aux 2 autres, ils ont été laissés en liberté provisoire sous caution.

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