Des retraités algériens ayant travaillé en France se trouvent dans la tourmente. En plus de leur situation financière qui s'est dégradée ces quelques dernières années, ils doivent faire face à une évolution technologique qu'ils ne maitrisent pas. Ils se retrouvent de ce fait livrés à eux-mêmes. 

L'afflux migratoire des Algériens vers la France ne date pas d'aujourd'hui. Des centaines de pères de famille ont dû traverser la méditerranée pour rejoindre l'Hexagone dès les premières années de l'indépendance. Le phénomène s'est poursuivi durant les années d'après. Ils sont ainsi nombreux ceux qui ont consacré leur vie pour travailler dans ce pays.

Si certains ont été bien « récompensés », en bénéficiant d'une retraite conséquente, ce n'est pas le cas de tout le monde. Certains d'entre eux ont découvert à leurs dépens qu'ils n'ont même pas été déclarés à la sécurité sociale. D'autres n'ont pas suffisamment cotisé pour espérer être rémunérés idéalement. Leur seul souci lorsqu'ils étaient en activité était d'envoyer de l'argent à leurs familles qu'ils ont laissées en Algérie.

Chibanis en France : une retraite à 1 393 euros

Selon le journal Le Jeune Indépendant, qui a rencontré certains de ces retraités algériens au niveau de l'agence d'Air Algérie à Paris où ils faisaient la queue pour acheter un billet d'avion, la retraite moyenne de ces Algériens était de 1 393 euros en 2021. Un montant jugé insuffisant pour subvenir aux besoins les plus élémentaires. Certains de ces retraités n'hésitent d'ailleurs pas à recourir aux services sociaux pour des compléments de retraites, indique la même source.

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Cette catégorie peut toutefois s'estimer heureuse, car d'autres émigrés se retrouvent dans des situations plus délicates, à l'image de ce ressortissant originaire de Sétif qui s'est retrouvé dans un foyer d'accueil à Brest. « Après 50 ans d’immigration forcée, on découvre qu’on est étranger partout, en France et en Algérie », a affirmé ce dernier.

En plus de cette situation, des émigrés algériens se retrouvent confrontés à un autre problème depuis quelques années. Cette contrainte est liée à l'évolution technologique que ces retraités ne maitrisent pas. En fait, ces derniers temps, on constate que pas mal d'opérations liées à la vie quotidienne des émigrés se font font via les plateformes numériques.

Des retraités algériens livrés à eux-mêmes en France

À titre d'exemple, pour une réservation d'un vol vers l'Algérie, certains de ces retraités font des trajets de plusieurs kilomètres pour se rende à l'agence Opéra de Paris. « Je préfère effectuer le trajet Nîmes-Marseille (130 km) que de demander assistance sur internet à quelqu’un que je ne connais pas et à qui je dois dévoiler mes coordonnées », a confié un retraité au Jeune indépendant, qui était sur les lieux vendredi dernier.

« Les mosquées sont devenues des bureaux de l’assistance sociale. En l’absence d’associations dédiées, c’est vers les lieux de culte que se tournent ces abandonnés du web », a expliqué de son côté le président de l’Observatoire de l’islamophobie qui qualifie la situation à laquelle font face ces retraités d'une « vraie souffrance ».