Officiellement, le quotidien francophone Liberté va disparaître les jours prochains. La décision a été confirmée le 2 avril par le propriétaire du titre, et par les journalistes et travailleurs lors d’une réunion tenue pour tirer au clair la situation. Face à cela, des intellectuels ont réagi. Ils ont appelé dans une lettre publiée par le journal à sauver ce fleuron du paysage médiatique algérien.

Dans cette lettre intitulée « Pour que vive Liberté ! », les signataires se sont dit « inquiets du sort réservé au journal Liberté (sa fermeture annoncée), nous, intellectuels, universitaires, chercheurs et artistes algériens, profondément attachés au pluralisme médiatique, ne pouvons rester insensibles au risque de la disparition d’un titre qui porte la voix plurielle de l’Algérie ».

Zohra Drif Bittat ; Moudjahida et ancienne condamnée à mort, Yasmina Khadra , écrivain, Rabeh Sebaa ; sociologue, Boualem Sensal ; écrivain et Mohamed Fellag ; acteur-comédien entre autres expliquent que « c’est parce qu’un journal est un espace d’échange et de transmission des idées, des valeurs et d’expression citoyenne nécessaire à la vitalité démocratique d’un pays, il faut le préserver, le défendre et le faire vivre ».

Kamel Daoud ; écrivain, Tassadit Yacine ; anthropologue, Khaoula Taleb Ibrahimi ; professeur universitaire, Benaouda Lebdai ; professeur des Universités et auteur, Hosni Kitouni ; chercheur en histoire, Maïssa Bey ; écrivaine et Kaouter Adimi ; écrivaine font partie aussi des signataires qui indiquent que « le journal Liberté, dont l’histoire se confond avec celle de l’Algérie contemporaine, a pleinement assumé, depuis sa création, cette mission intellectuelle. Au-delà de son collectif et de son propriétaire, le journal Liberté appartient aussi à ses lecteurs dans leur diversité. Sa disparition serait une immense perte pour le pluralisme médiatique, un coup dur pour les acquis démocratiques arrachés de haute lutte et de sacrifices. Une grande perte pour le pays ».

Les signataires de cette lettre viennent de différents univers, on y retrouve même le recteur de la Grande mosquée de Paris, Chems-Eddine Hafiz. Ils regrettent la disparition de ce quotidien et interpellent les consciences. « Conscients de l’apport du journal Liberté à la vie culturelle, sociale et sociétale du pays, nous appelons à sa préservation. Nous appelons à la responsabilité de tous pour que vive Liberté », ont-ils conclu.