En Kabylie, notamment dans les villes, le mois de ramadan est réputé pour son aspect spirituel avec les prières tarawih dans les mosquées, mais aussi pour son côté festif ; avec des soirées artistiques dans les salles de spectacles et au niveau des places publiques.

Dans le cadre de l'animation des soirées ramadanesques, l'APC de M'Chedallah (anciennement Maillot), en Kabylie, a organisé conjointement avec la direction de la culture de la wilaya de Bouira un gala artistique dans la soirée de samedi 16 avril animé par la chanteuse kabyle Taous Arhab. Le gala était programmé au niveau de la place publique qui fait face au siège de l'APC.

Et comme le veut la tradition en ce mois de ramadan, le coup d'envoi du gala a été donné après la fin des prières de tarawih. Des centaines de personnes, notamment des familles, sont venues assister à ce gala et voulaient profiter de cette soirée pour renouer un peu avec l'ambiance des fêtes qui manquent cruellement dans cette localité.

L'imam de la mosquée de M'Chedallah traite les présents au gala de « racailles »

Alors que le gala se déroulait dans une ambiance festive, un imprévu est venu gâcher la fête : le haut-parleur de la mosquée située juste à côté de la place où se tient le gala et dont les portes étaient fermées depuis plus de deux heures, soit après la fin des tarawih, a commencé à diffuser du Coran. Un acte qui a suscité la colère des présents qui y voyaient une provocation de la part de l'imam de la mosquée.

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Et 10 minutes plus tard, alors que le gala a été interrompu, l'imam s'est saisi du haut parleur de la mosquée pour insulter les présents et fustiger les organisateurs. Sur les nombreuses vidéos partagées sur les réseaux sociaux, on entend en effet l'imam s'attaquer aux organisateurs du gala ; en l'occurrence l'APC de M'Chedallah et la direction de la culture de Bouira et traiter en langue arabe les présents de « mécréants » et de « racailles ».

Vaste Polémique sur les réseaux sociaux

Immédiatement, un vent de colère s'est emparé des présents au gala, comme le montrent les images des vidéos. Des jeunes en colère se sont mis à crier et certains d'entre eux ont même tenté de s'introduire dans la mosquée pour faire sortir l'imam et « s'expliquer » avec lui. Il aura d'ailleurs fallu l'intervention des sages de la région et des représentants des autorités locales pour que les choses ne dégénèrent pas.

La sortie de cet imam a suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux. Si la majorité des internautes ont l'ont dénoncé, d'autres internautes et pages proches des thèses islamistes ont saisi l'occasion pour s'en prendre aux organisateurs de ce gala. Certains commentateurs sont allées jusqu'à fustiger les présents au gala tout en appelant à interdire ce genre de manifestation durant les soirées du ramadan.

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L'APC de M'Chedallah dépose plainte contre l'imam

De son côté, l'APC de M'Chedallah, qui a décidé de porter plainte contre l'imam de la mosquée, s'est défendue de toute atteinte à la sacralité du ramadan. Dans une déclaration au journal Al Hayat, le vice président de l'APC, Hocine Boukrif, a indiqué que « le gala a débuté à 22:24 », après la prière de tarawih, et que l'imam de la mosquée s'est « mis à insulter » les présent à 23:50.

« Nous n'avons jamais porté atteinte à la sacralité de la mosquée et le gala a commencé après la prière de tarawih », insiste-t-il non sans préciser que « ce n'est pas la premier fois que l'APC organise ce genre de gala au niveau de la place de la mairie ». Le vice-président de l'APC de M'Chedallah, tout en « saluant la sagesse des jeunes présents au gala », a tenu à dénoncer les « campagnes de dénigrement menées sur les réseaux sociaux contre la région de la Kabylie ».

Pour sa part, la wilaya de Bouira, a qualifié dans un communiqué publié ce dimanche 17 avril sur sa page facebook, la sortie de l’imam de la mosquée de M’Chedallah d’un « acte verbal isolé pouvant atteindre la sensibilité des gens». La wilaya a tenu à rappeler que « les autorités locales, les services de sécurité, les élus et les associations de la région se sont mobilisés pour éviter l’amplification de cette affaire à d’autres fins ». La wilaya a indiqué également que des « mesures administratives seront prises » dans le cadre de cette affaires.

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