L'organisation non gouvernementale Reporters sans frontières a publié, le mardi 3 mai, son classement annuel de la liberté de la presse dans le monde, et ce, à l'occasion de la Journée internationale de la liberté de la presse. L'Algérie, le Maroc et la Tunisie sont très mal classés, vu la situation et l'évolution de la presse dans ces pays, notamment en comparaison avec le classement de 2021.

En effet, Reporters sans frontières a classé l'Algérie à la 134e place parmi 180 pays. Très mal classée, l'Algérie a tout de même gagné 12 places, comparativement au classement de mai 2021, puisqu'elle était classée au 146e rang. Et le constat de RSF est implacable. « En Algérie, la liberté de la presse est confrontée à de nombreuses lignes rouges. Le simple fait d’évoquer la corruption et la répression des manifestations peut valoir aux journalistes menaces et interpellations », a en effet affirmé l'ONG dans sa fiche sur l'Algérie.

Algérie : Les médias et les journalistes subissent de nombreuses pressions

RSF ne se contente pas de cela. L'organisation estime que « le paysage médiatique en Algérie n'a jamais été aussi détérioré : les médias indépendants sont sous pression, les journalistes sont régulièrement emprisonnés ou poursuivis et plusieurs sites internet sont bloqués ».

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Pour RSF, les médias et les journalistes subissent de nombreuses pressions. « Il est très difficile pour les reporters d’effectuer leur travail de manière libre et indépendante alors que le pouvoir politique a une influence directe sur la nomination et le licenciement des responsables des médias et des autorités de régulation », estime aussi l'ONG.

Maroc : Le droit à l'information écrasé par une machine de propagande et de désinformation

C'est pratiquement le même topo au Maroc. Classé à la 135e place, juste derrière l'Algérie, le Royaume chérifien a progressé d'une place depuis mai 2021. Et là aussi, RSF a fait un constat poignant. « Les journalistes indépendants au Maroc subissent une pression continue et le pouvoir tente de mettre ce secteur aux ordres », estime l'organisation, qui n'omet pas de préciser que « la pluralité de la presse marocaine n'est qu'une façade, et les médias ne reflètent pas la diversité des opinions politiques dans le pays ».

« Les médias et les journalistes indépendants font face à d'importantes pressions et le droit à l’information est écrasé par une puissante machine de propagande et de désinformation servant l’agenda politique des proches du pouvoir », affirme également RSF, qui n'a pas manqué de dénoncer la disparition du dernier média indépendant du Maroc, le quotidien Akhbar Al Yawm.

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La Tunisie perd 21 places après le coup de force du président Kaïs Saïed

Si la Tunisie est mieux classée que l'Algérie et le Maroc, elle a connu un recul important dans le classement de RSF, passant de la 73e à la 94e place, soit un recul de 21 places. « Le coup de force du président Saïed, en juillet 2021, fait craindre un recul de la liberté de la presse », est-il indiqué dans la fiche du pays. RSF n'a pas manqué de dénoncer les agressions contre les journalistes de la part, notamment, des manifestants tunisiens.

Globalement, les pays scandinaves continuent à dominer le classement de RSF, avec un trio de tête composé de la Norvège (1re), du Danemark (2e) et de la Suède (3e). Aussi, la France a gagné 8 places dans ce classement sur la liberté de la presse. Elle passe de la 34e à 26e place, selon RSF, qui estime qu'en France, « les outils visant à lutter contre les conflits d'intérêts sont insuffisants, inadaptés et dépassés ». Quant au classement, il est occupé par la Corée du Nord (180e), l'Érythrée (179e) et l'Iran (178e).