Promis et très attendu par les investisseurs, le projet de loi sur l’investissement est encore remis aux calendes grecques. Cette loi qui va régir les investissements tarde encore à voir le jour. Son adoption par le gouvernement est encore retardée malgré son importance pour relancer l'économie nationale. La loi sur l’investissement traîne donc depuis plus de deux ans au grand dam des opérateurs économiques. 

Ainsi, l'adoption de cette loi a été reportée par le chef de l'État lors du dernier Conseil des ministres. En effet, la copie du gouvernement sur le projet de loi sur l’investissement n’a toujours pas satisfait aux exigences du Chef de l'État. Abdelmadjid Tebboune vient une nouvelle fois de la renvoyer pour révision. Il s’agit du énième renvoi de la copie du gouvernement Benabderrahmane qui, faut-il le rappeler, est en préparation depuis deux années. Cependant, un Conseil des ministres spécial sera consacré au nouveau code de l’investissement le 19 du mois en cours.

Donc, cette loi devient un véritable feuilleton sans fin. Elle fait l'objet de proposition par le gouvernement et le rejet de la présidence depuis plusieurs mois. Abdelmadjid Tebboune a déjà ordonné de revoir le texte « de fond en comble » le 13 mars dernier. « La nouvelle loi sur la promotion de l’investissement doit reposer sur la consécration du principe de la liberté d’investissement et d’initiative et la stabilité du cadre législatif de l’investissement pour une durée minimum de dix ans », a-t-il insisté. Le chef de l'État a également ordonné au gouvernement « la simplification des procédures et la réduction du champ de compétence du pouvoir discrétionnaire de l’administration en matière de traitement des dossiers d’investissement, notamment ceux basés sur l’autofinancement ».

La loi sur l'investissement en Algérie traîne

Cependant il faut signaler que cette loi nécessaire pour relancer l'économie devient problématique, du moment que la mouture des gouvernements successifs depuis deux années n’a pas reçu l’aval de la Présidence. Rappelant que l’ancien ministre de l’Industrie, Ferhat Aït Ali,  avait assuré en août 2020 que le nouveau code de l’investissement verrait le jour avant la fin octobre de la même année. Une promesse non tenue, du moment que depuis cette déclaration le texte n’a pas cessé de passer d’une révision à une autre et d’une mouture à une autre.

Ce retard pris par l'adoption de ce texte révèle le manque d'une volonté politique de libérer l’acte d’investir et d’assainir réellement le climat des affaires, selon les experts en économie. Il remet en cause les engagements du chef de l'État pour que l'année 2022 soit l'année de la relance économique. Une relance qui tarde à voir le jour faute d'entraves bureaucratiques et de manque de textes législatifs pour encadrer l'investissement en Algérie.