La gestion des mosquées en France est scrutée à la loupe par les autorités du pays. Plusieurs lieux de culte sont soupçonnés de financements occultes en provenance de pays étrangers. C’est le cas d’une mosquée située dans le nord de la France, dont le gestionnaire sera jugé en juillet prochain pour « escroquerie » et « blanchiment de fraude fiscale ».

La mosquée Al-Houda, située rue Racine, à Grande-Synthe, dans Le nord de la France faisait l’objet, depuis plusieurs mois, d’une surveillance étroite par la police, les services de renseignement et la préfecture. La mosquée, qui abritait également une école coranique, était signalée pour ses positions radicales. Elle faisait aussi l’objet d’une enquête, parce que des mouvements de fonds suspects ont été détectés dans cette mosquée.

Mercredi 11 mai 2022, des policiers ont procédé à une série d’interpellations au sein de cette mosquée située à Grande-Synthe. Les interpellations se sont concentrées sur le gestionnaire de la mosquée, ses deux sœurs et le trésorier, rapportent ce jeudi 12 mai les médias français. Le principal suspect, Amirouche O. est le gestionnaire de deux biens immobiliers abritant la mosquée et l’école coranique.

Le gestionnaire a mis les locaux abritant la mosquée à son nom

Amirouche O. âgé de 47 ans faisait l'objet depuis plusieurs mois d'une enquête préliminaire portant sur le financement de ces deux biens immobiliers, achetés « à son nom », pour un montant d'environ 350 000 euros, « alors qu'il déclare aux impôts zéro euro de revenu depuis des années », explique le parquet de Dunkerque. Le gestionnaire de la mosquée sera jugé le 1er juillet 2022 pour « abus de confiance », « blanchiment de fraude fiscale » et « escroquerie aux prestations sociales ».

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Le quadragénaire est aussi poursuivi pour avoir continué les activités du lieu de culte malgré un arrêté de sa fermeture émis en novembre 2018 par la municipalité, en raison d'infractions aux consignes de sécurité. Les perquisitions menées mardi 10 mai 2022 par la police ont permis de constater « la présence d'une école qui fait l'objet d'une enquête incidente », pour « ouverture d'un établissement d'enseignement privé sans autorisation », a ajouté le parquet qui affirme que le prévenu est proche du mouvement « tabligh », qui promeut une vision « prosélyte » de l'islam.