Les femmes en Algérie s'imposent de plus en plus dans tous les secteurs. Elles représentent une majorité des cadres dans plusieurs domaines. Cependant, elles subissent encore des discriminations pour les postes de hautes responsabilités. L'égalité pourtant institutionnalisée est loin d’être effective. Ce constat a fait l'objet d'une rencontre organisée le 16 mai sur « L'égalité des genres en milieu professionnel en Algérie » à Alger.

Pendant cette rencontre, les participants se sont exprimés notamment sur « L'inclusion économique des femmes en milieu professionnel ». Organisée par l'Association des femmes cadres algériennes (AFCARE) en partenariat avec Philip Morris International et Emploitic, cette rencontre a été l'occasion de débattre de plusieurs aspects liés à la problématique de l'inclusion économique des femmes en milieu professionnel.

Plus de 61 % des femmes sont dans l'administration, 22 % dans les postes d'encadrement supérieur

Pour Aïcha Kouadri, présidente d’AFCARE, « les femmes, certes, se sont imposées sur le marché du travail, cela n’est venu facilement, mais après un long combat. Toutefois, elles subissent une véritable exclusion des postes de décision et de responsabilité. Cela n’est pas un jugement hâtif, puisque les chiffres en témoignent. Plus de 61 % sont dans les administrations en qualité de cadres et cadres supérieurs, 22 % dans les postes d’encadrement supérieur (chef de bureau) et seulement 18 % dans les hautes fonctions de l'État ». Pourtant, la législation algérienne plaide pour l’égalité des sexes en matière d'emploi.

D'un autre côté, malgré les indices positifs quant à l’accès des femmes aux différents postes de travail, l’emploi et le chômage féminins restent sous-évalués. Le volume de l’emploi féminin s’élève à 2'620'000 en 2019, soit 20,4 %. Il est majoritairement urbain et salarié, avec un pourcentage de 78,51 %. Représentativité disparate. Ce sont des chiffres fournis par l’Office national des statistiques (ONS). Ces chiffres révèlent le manque de visibilité de la participation des femmes à l’activité économique étant donné que ce chiffre ne prend pas en considération le travail des femmes dans le secteur agricole, les aides familiales et les travailleuses à domicile, encore moins celles qui activent dans l’informel.

Par ailleurs, dans les secteurs de la justice, l’administration et l’éducation, les femmes occupent un espace important. D’après les chiffres fournis par Mme Kouadri, le taux de présence des femmes dans les hautes fonctions de l’État est passé de 21 % en 2016 à 16,4 % en 2018, un taux qui repart à la hausse en 2020 et qui atteint les 18,34 %. Il reste cependant très faible par rapport aux potentialités réelles des femmes, qui représentent plus de 60 % de la catégorie cadres et cadres supérieurs avec un niveau d’enseignement supérieur.

« La forte présence des femmes dans l'encadrement au sein de l'administration ne se traduit pas par un accès égal aux postes de décision», affirme Aïcha Kouadri, qui ajoute dans ce sens que « le taux de représentation des femmes dans les postes d'encadrement supérieur (chef de bureau), qui était de 25 % en 2018, est passé à 22,24 % en 2020 ».