L'économie mondiale traverse une phase très difficile. L'inflation explose et la croissance est en berne en raison de la guerre en Ukraine. C'est dans ce contexte que le Fonds monétaire international (FMI) a mis en garde contre de nouveaux vents contraires pour l'économie mondiale et la montée en flèche de l'inflation dans le monde.

« Nous constatons des faiblesses supplémentaires dans l'économie mondiale », a donc averti Gita Gopinath, la première directrice générale adjointe du FMI basé à Washington, lors d'un entretien à Xinhua, en marge de la réunion annuelle du Forum économique mondial (FEM) à Davos, en Suisse. Elle a ajouté que le conflit russo-ukrainien crée « un immense stress dans le monde entier avec des prix des matières premières élevés partout ».

La première directrice générale adjointe du FMI, qui a exprimé l'espoir que la Chine restera un moteur de la croissance mondiale, a expliqué qu'« en ce moment, il y a des vents contraires à court terme en raison de la Covid, du confinement et d'évolutions dans le secteur immobilier. Si la Chine peut faire face à ces vents contraires, elle demeurera bien sûr l'un des moteurs importants de la croissance mondiale ».

Tendance à la démondialisation

Mme Gopinath a affirmé que la pression inflationniste restait une préoccupation majeure « dans la plupart des pays du monde, l'inflation globale atteint des niveaux record en raison de la hausse des prix de l'énergie et des denrées alimentaires ». Elle a ajouté : « c'est pourquoi nous voyons les banquiers centraux réagir beaucoup plus fortement et de façon agressive à l'inflation en augmentant les taux d'intérêt plus fortement que prévu. Cela a bien sûr des implications pour les économies émergentes et en développement, où la dette est déjà assez élevée, et le risque que leurs coûts d'emprunt augmentent beaucoup plus rapidement est un véritable élément de stress ».

Les conséquences de cette inflation poussent les pays au protectionnisme et aussi à des alliances géostratégiques. Cette tendance à la démondialisation inquiète au plus haut point la responsable du FMI, qui affirme que « c'est une autre grave préoccupation pour nous, qui est le phénomène de découplage, de fragmentation du monde en blocs géo-économiques ». « La pandémie a rendu les gens davantage conscients de la nécessité de résilience dans leurs chaînes d'approvisionnement mondiales […] Mais il est très important que la politique commerciale ne conduise pas à la fragmentation du monde, car cela peut être très coûteux pour la croissance mondiale », souligne-t-elle.