La finale de la Ligue des champions d'Europe, remportée samedi soir par le Real Madrid face à Liverpool, a été marquée par de violents incidents aux abords du Stade de France, à Saint-Denis. Des incidents qui ont suscité un tollé en France et dans les médias internationaux ; tollé que les médias français tentent de relativiser.

Le sacre du Real Madrid pour la 14e fois de son histoire en Ligue des champions, samedi 28 mai 2022, contre Liverpool a été relégué au second plan dans de nombreux médias internationaux et sur les réseaux sociaux par les graves incidents enregistrés aux abords du Stade de France. Des incidents entre des supporters et les forces de l'ordre survenus quelques minutes avant la finale, obligeant les organisateurs à repousser le coup d'envoi du match de plus de 30 minutes.

Alors que la majorité des spectateurs ont déjà pris place dans les gradins du Stade de France, l'ambiance s'est tendue à l'extérieur quand des milliers de personnes ont tenté de franchir les portails pour s'introduire à l'intérieur du stade. Selon les médias français, des centaines de personnes ont réussi à escalader les grilles du stade, laissant derrière eux près d'un millier de supporters de Liverpool pourtant munis de leurs billets.

Débordés, les forces de l'ordre ont dû recourir aux gaz lacrymogènes pour stopper la déferlante des dizaines de milliers de personnes qui voulaient pénétrer dans l'enceinte du Stade de France. Si le ministre français de l'Intérieur Gerald Darmanin n'a pas hésité à accuser les supporters anglais d'être derrière ces incidents, le syndicat de la police a pointé du doigt la « mauvaise organisation » de l'UEFA et le comportement de certains « voyous ».

Un Algérien s'offre une place à 5000 euros « gratuitement » au Stade de France

Dans une déclaration à France Info, ce dimanche 29 mai, Matthieu Valet, porte-parole du Syndicat indépendant des commissaires de police (SCIP), a critiqué la responsabilité de l'UEFA dans son organisation, « en termes de contrôles de billets, en termes de sécurité par les stadiers et les agents de sécurité privée qui ont réellement posé problème ». Matthieu Valet évoque aussi des actes de violence aux abords du Stade de France, du fait de « voyous professionnels, essentiellement des mineurs », selon lui.

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Et comme le Stade de France est situé à Saint-Denis, une région où vit une population d'origine étrangère, notamment maghrébine, plusieurs voix se sont élevées chez l'extrême droite pour accuser des jeunes issues de l'immigration d'être derrière cette pagaille. En effet, sur les réseaux sociaux, plusieurs vidéos montrant des « supporters » originaires d'Afrique du Nord ou sub-saharienne s'installer dans les gradins du Stade de France et squatter des places coûtant plusieurs centaines d'euros.

C'est le cas de ce jeune qui se présente comme un Algérien sans-papiers et qui affirme, dans une vidéo publiée sur Twitter, qu'il s'est introduit dans le Stade de France sans avoir acheté de billet pour prendre une place qui coûte 5000 euros. Dans la vidéo, le jeune Algérien vêtu d'un maillot du PSG se vante d'assister à la finale entre le Real Madrid et Liverpool « gratuitement », non sans glisser une phrase insultante envers la France et non sans crier « 1,2,3 vive l'Algérie ! »

Marine Le Pen et Éric Zemmour crient au scandale

Cette affaire a vite été saisie par les chefs des partis de l'extrême droite pour tirer encorne sur les « étrangers », qu'ils accusent d'être derrière les événements du Stade de France. « Ce qui s'est passé au Stade de France fait honte à notre pays. Une fois de plus, Gérald Darmanin est incapable de maintenir l'ordre face à la racaille, qui est en train de gâcher ce qui devrait être un événement populaire. Il est temps de remettre la France en ordre », écrit Marine Le Pen dans un tweet publié ce dimanche 29 mai.

De son côté, Éric Zemmour, candidat malheureux à la dernière élection présidentielle et patron du parti Reconquête, a sauté sur l'occasion pour accuser les jeunes issues de l'immigration, qu'il qualifie de « racaille », d'avoir semé la pagaille au Stade de France. « Auront été accusés "les supporters de Liverpool", puis "des supporters sans billet" avant que la vérité éclate brutalement : des racailles sautent par-dessus les barrières et agressent autour du Stade de France », écrit-il dans un tweet. Par ce tweet, Éric Zemmour accuse non seulement les autorités françaises, mais aussi les médias français d'avoir choisi leurs mots dans la couverture de cette affaire, qui continue de faire scandale, autant en France qu'au Royaume uni.