Pointés du doigt par de nombreux observateurs, les producteurs de charbon ont été accusés d’être à l'origine de plusieurs feux de forêt en Algérie. Ils seraient responsables de ces feux pour pouvoir produire du charbon, selon leurs détracteurs. Cette hypothèse a tout de même été battue en brèche par ces producteurs, qui ont affirmé que leur activité n'est pas liée aux feux de forêt. Pour cet été 2022, les autorités ont préféré prendre des mesures, avant même le début des grandes chaleurs.

En effet, à quelques jours du début de l'été, le ministère de l’Agriculture et du Développement rural a annoncé le gel temporaire de la production de charbon de bois, pour éviter le déclenchement d’incendies dans les forêts. Dans son communiqué, publié ce dimanche 29 mai 2022 sur sa page Facebook, le ministère indique qu'il a été décidé dans le cadre de la mise en œuvre du plan national de prévention et de protection des forêts contre les incendies pour la saison 2021-2022 de renforcer les mesures préventives prises. Le ministère a annoncé la décision de geler temporairement la production de charbon, en raison des dangers d’incendies au niveau des zones forestières.

Le ministère a également indiqué que les autorités forestières travaillent pour que la procédure soit strictement respectée. Toute violation de cette décision exposera les responsables à des sanctions conformément aux lois en vigueur, conclut ce communiqué.

Il faut rappeler que durant l'été 2022 l’Algérie a connu une saison particulièrement difficile concernant les feux de forêt. Des milliers d’hectares ont été dévorés par les flammes, notamment en Kabylie où des pertes humaines ont été déplorées. Ainsi, selon la direction générale des Forêts (DGF) qui a rendu public le bilan des dégâts la superficie totale de couvert végétal touchée par les incendies durant l’été 2021 s'élève à plus de 100 000 hectares, à travers 1631 foyers d'incendie enregistrés dans 21 wilayas. Ces incendies ont fait plus de 200 morts en Kabylie. Ils ont également touché plus de 2800 maisons ; 526 ont été classées orange et 91 ont été classées rouge. Les incendies ont détruit « 1350 ruches, 295 têtes de bovins, 1'326 ovins, 1'135 caprins… » selon l'APW de Tizi-Ouzou, qui avait ajouté le 25 août 2021 que « les commerces, infrastructures étatiques dont trois écoles primaires et trois CEM » ont été ravagés.