Malaise au Centre hospitalo-universitaire (CHU) Nedir Mohamed de Tizi-Ouzou, en Kabylie. La crise qui couve depuis des mois au service d'urologie de cet établissement hospitalier a fini par éclater au grand jour, avec la démission collective annoncée par l'équipe médicale du service.

En effet, dans une déclaration rendue publique, jeudi 2 juin, les chirurgiens urologues et les médecins réanimateurs ont annoncé leur démission collective pour dénoncer la gestion et l'attitude du chef de service à leur égard. Ils dénoncent surtout des agissements qu'ils qualifient de dangereux, concernant notamment la vie des malades.

« Dénonçant depuis plusieurs mois les agissements dangereux, irresponsables et indignes du chef de service d'urologie du CHU de Tizi-Ouzou et après avoir utilisé tous les moyens de recours, l'épuisement psychologique et physique a poussé toute l'équipe médicale (chirurgiens urologues et médecins réanimateurs) à la démission collective afin de ne pas cautionner et de décliner toute responsabilité de ces faits gravissimes dont le chef de service est l'unique responsable », ont affirmé d'emblée les auteurs de cette déclaration au vitriol.

CHU de Tizi-Ouzou : « mise en danger de la vie des malades » au service d'urologie

Mais que reprochent les membres de l'équipe médicale à leur chef de service ? Les auteurs du texte publié parlent d'abus de pouvoir et de harcèlement moral au quotidien et d'incitation à la violence à l'égard de l'équipe médicale. Ils dénoncent également un « comportement déshonorant et atteinte à l'intégrité morale du personnel par les vulgarités, injures et blasphèmes de manière récidivante ».

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Aussi, les chirurgiens démissionnaires dénoncent la « séquestration récurrente du matériel chirurgical et mise en danger de la vie des malades, surtout cancéreux ». Pour ce dernier point, il s'agirait de matériel chirurgical et médical sophistiqué dont le chef de service empêche l'utilisation en son absence. Selon des sources internes au CHU, dans certaines situations, les chirurgiens ne trouvent pas ce matériel quand ils en ont besoin au profit des patients, ce qui leur fait dire que le chef de service met la vie des malades en danger.