Nouveau rebondissement dans le scandale de la compagnie maritime nationale Algérie Ferries. Après le limogeage de son Président-directeur général (PDG), Kamel Issad, et de son chef d'escale à Alger, Kamel Eddalia, la justice a annoncé la mise sous mandat de dépôt de trois responsables de la compagnie, dont le PDG, et la mise sous contrôle judiciaire de deux autres.

C'est le pôle pénal économique et financier du parquet d'Alger qui a annoncé la nouvelle dans un communiqué. Et c'est l'arrivée presque vide du navire Badji Mokhtar III au port d'Alger qui a fait bouger la justice. En fait, le 2 juin quand le nouveau mastodonte d'Algérie Ferries est arrivé avec 72 passagers et 25 voitures alors qu'il a une capacité de 1800 passagers et 600 voitures, les réseaux sociaux ont été envahis de messages de dégoût et de dénonciation.

Donc, les services compétents ont ouvert une enquête qui a touché sept hauts responsables de la compagnie maritime. Une enquête qui aboutira à l'incrimination de cinq d'entre eux dont trois seront mis en détention provisoire, soit le PDG, le chef d'escale et le directeur commercial, et deux sous contrôle judiciaire, en l'occurrence le vice-président d'Algérie Ferries et la cheffe du département informatique.

En fait, l'enquête avait été ouverte suite aux informations faisant état de « faits de corruption ayant causé préjudice aux citoyens et à l'Entreprise nationale de transport maritime de voyageurs », en lien avec la traversée controversée du 2 juin. Le navire était arrivé de Marseille presque vide, et ce, « malgré le grand nombre de voyageurs qui voulaient s'inscrire pour cette traversée », comme le précise le communiqué du parquet du pôle économique et financier.

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À l'issue de l'enquête et la présentation des sept mis en cause devant le parquet, les cinq responsables inculpés sont poursuivis pour « délit de gaspillage volontaire, usage illicite de biens et de fonds publics, abus d'influence, abus de fonction en violation des lois et règlementations à des fins d'octroi d'indus privilèges, non-déclaration de biens et enrichissement illicite », et ce, en vertu d'une requête introductive d'enquête judiciaire.