Cela est devenu une habitude. Depuis 2015, et à chaque examen du Bac, les Algériens sont surpris en se réveillant le matin et ne pouvant plus se connecter à internet, en raison des perturbations du réseau. Cette décision extrême, prise par les pouvoirs publics dans le but d’endiguer la tricherie à l’examen, agace au plus haut point des millions d’Algériens. Ces derniers, qui se trouvent « coupés » du monde durant le déroulement des épreuves, ne cessent de dénoncer l'incapacité du gouvernement à trouver une alternative à cette mesure.

Cette année encore la connexion est perturbée dès le début des épreuves. Au grand dam des Algériens, la promesse du ministre de l'Éducation de ne pas couper internet n'a pas été tenue. « Il n’a jamais été question de coupure d’internet pendant l’examen », avait-il déclaré le 6 juin. Six jours après, la connexion est lourdement perturbée. Cette promesse s'ajoute donc au coup de gueule du chef de l'État en 2020. Abdelmadjid Tebboune avait même exprimé sa colère concernant les coupures d’internet durant les épreuves du Bac. Lors d’une rencontre avec des responsables des médias, Tebboune avait menacé de sévir contre les responsables en charge du secteur. Une menace qui est restée lettre morte, puisque les épreuves du Bac 2021 ont été marquées à nouveau par de fortes perturbations du réseau internet sur l’ensemble du territoire national et celles de cette année aussi.

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Coupure d'internet pendant le Bac en Algérie : Une mesure qui devient une tradition

Ainsi, cette mesure devient une tradition. Elle est prise pour éviter la tricherie. L’avènement d’Internet et des réseaux sociaux fait craindre aux autorités une fraude massive et une fuite des sujets à grande échelle. Depuis quelques années, l’obsession de lutter contre la tricherie a pris le dessus sur le reste, bien que les épisodes de grande fuite des sujets ne soient pas très fréquents. Les autorités choisissent donc la solution de la facilité, même si cela sanctionne plusieurs secteurs d'activités. Internet en 2022 est vital pour l'économie, chaque journée sans internet représente de grandes pertes pour les entreprises modernes.

Plusieurs secteurs sont donc pris en otage. Les Algériens ne comprennent pas comment en 2022, pour garantir la tenue d'un examen national, les autorités algériennes ont recours, encore, à des méthodes extrêmes : filtrer la connexion avant et pendant le déroulement des épreuves. Les internautes affirment que d'autres techniques existent. L’interdiction des terminaux dans les salles d’examen et le brouillage du réseau dans les environs le temps que durent les épreuves peuvent remplacer les coupures qui sanctionnent tout un pays.