Depuis plusieurs années, des experts ont alerté sur l'exploitation des ressources en hydrocarbures et l'explosion de la consommation locale qui met en danger les exportations. En 2020, le ministre de l'Énergie de l'époque, Abdelmadjid Attar, a souligné la nécessité d'exploiter « avec intelligence » les ressources restantes et de développer les économies d'énergie pour assurer une bonne transition énergétique. Deux ans après, l’Algérie n'a pas changé sa stratégie et ses exportations sont toujours dépendantes des hydrocarbures. 

Cette situation perdure alors que les experts alertent sur la nécessité d'arbitrer entre les exportations et la consommation interne d’énergie. Une consommation qui a atteint 66,9 milliards de tonnes d’équivalent pétrole (tep) en 2019, représentant 43 % de la production totale, alors qu’en 2007, cette consommation n'était que de 39,39 milliards de tep (21,8% de la production). Ainsi, cette consommation interne, qui a augmenté de 83 % de 2007 à 2019, menace les exportations algériennes dans quelques années.

Selon certaines études, la production algérienne atteindra un point de rupture en 2028 si cette tendance haussière de la consommation se maintient et si le développement des énergies renouvelables continue à enregistrer des retards. En effet, le déséquilibre entre la croissance de la consommation et celle de la production est flagrant. Cette situation a été décortiquée par l'ancien ministre du secteur, Abdelmadjid Attar, dans son étude sur les enjeux de la sécurité énergétique, lors d’une conférence organisée à l’initiative de la Confédération algérienne du patronat citoyen (CAPC) le 26 juin.

Les réserves algériennes de pétrole ont été entamées depuis le milieu des années 2000

Cet ancien responsable révèle que 69 % de la consommation gazière sont dans le secteur résidentiel et les services communs. Aussi, 79 % de la consommation d’électricité ont lieu dans les mêmes secteurs et usages, alors que 70 % de la consommation en carburants se font dans le transport routier. Cette étude met en évidence une augmentation annuelle de 6 % en matière de consommation en produits pétroliers, dont la part en carburants atteint les 80 %. L'ancien ministre affirme qu'à ce rythme, en 2033, l’Algérie ne pourra exporter qu’à peine 10 % de gaz naturel, contre 80 % en 1980, 79 % en 2005 et 58 % en 2019.

Se basant sur son étude, l'ancien ministre plaide pour l’accélération de la transition énergétique, d’autant que les réserves, certes renouvelées, notamment en pétrole au cours des années 1990, ont entamé une chute depuis le milieu des années 2000, avec une forte production gazière de manière particulière. L'étude concernant les productions et les découvertes depuis 2015, un total de 4,5 milliards de tep, dont 1,7 milliard de tep prouvées en hydrocarbures liquides (y compris les réserves probables non encore développées) et 2,5 milliards de tep en gaz naturel, alors que les besoins en gaz naturel à l’orée 2050 s’évaluent à 6 milliards de tep, soit 6000 milliards de mètres cubes, pour garder le même rythme de consommation interne et d’exportation.