Les musulmans de France, à l’instar de ceux de nombreux autres pays du monde, se préparent à célébrer l'Aïd al-Adha 2022, prévu le 9 juillet prochain. Cette fête religieuse est marquée notamment par le rituel du sacrifice du mouton. Cette pratique doit toutefois s’effectuer dans le respect de la loi en vigueur en France.

Comme chaque année, des millions de musulmans de France célébrèrent la fête de l’Aïd al-Adha, appelée aussi l’Aïd el-Kebir où la fête du sacrifice. Pour cette année, la date de cette fête religieuse est fixée au samedi 9 juillet 2022. L’annonce a été faite le 30 juin dernier par la Cour suprême de l’Arabie Saoudite. En France, l’Aïd al-Adha 2022 aura également lieu le 9 juillet, à l’instar d’ailleurs de l’ensemble des pays de l’Europe et de la majorité des autres pays du monde.

Si dans les pays musulmans, le sacrifice du mouton, qui marque la célébration de l’Aïd al-Adha, ne constitue aucun problème puisque l’opération se fait librement, ce n’est pas le cas dans les pays européens, à l’instar de la France.  Dans ce pays, la forte communauté musulmane qui y réside doit, en effet, respecter scrupuleusement les règles régissant l’abattage des animaux.

Aïd al-Adha : Les abattoirs halal, un vrai parcours du combattant pour les musulmans de France

En effet, la loi française exige que la mise à mort de l’animal ait lieu dans un abattoir et être exécutée par un professionnel. En France, où la majorité de la communauté musulmane habite en ville, ces restrictions ont poussé à des pratiques clandestines du sacrifice de l’Aïd. Le manque d’abattoirs certifiés halal fait que la majorité des musulmans de France se retrouvent confrontés à un vrai casse-tête à l’approche de l’Aïd al-Adha.

À lire aussi :  Internet et téléphonie en Algérie : Voici les chiffres

À ces difficultés rencontrées à l’occasion de cette fête, la communauté musulmane de France fait également face à une vaste contestation de la pratique du sacrifice de l'Aïd. C’est le cas pour la fête de cette année, avec une polémique déclenchée par un groupe d’élus au Conseil municipal d’une ville des Hauts-de-France, à propos de l’unique abattoir de la commune certifié halal et dédié à l’abattage des moutons à l’occasion de l’Aïd al-Adha 2022.

Des élus s’insurgent contre l’abattage halal dans une commune des Hauts-de-France

Considéré comme le dernier abattoir encore actif des hautes-de-France, l’abattoir d’Hirson est aussi l’unique lieu certifié pour l’abattage halal des animaux dans toute la région. Le 30 juin dernier, le Conseil municipal de la mairie d’Hirson s’est réuni pour se prononcer sur le nouvellement du bail de la société qui gère cet établissement. Une procédure ordinaire qui a viré à la polémique.

Dans son édition de ce samedi 2 juillet 2022, le journal L’Union rapporte qu’à l’approche de l’Aïd al-Adha 2022, de nombreux élus au Conseil communal d’Hirson ont affiché leur opposition concernant la certification de l’abattoir de la commune pour l’abattage des animaux selon les préceptes de l’Islam. « Pour la viande certifiée halal, il faut respecter des pratiques rituelles barbares », s’insurge l’élu Philippe Mercier. « Nous ne pouvons accepter le détournement de l’abattoir au profit de ce rituel et la maltraitance animale qui en découle », ajoute-t-il.

À lire aussi :  Agression de Salman Rushdie : Ce que l'on sait et son état de santé

Devant ces critiques, le maire socialiste d’Hirson n’a pas caché sa colère en accusant les élus de l’opposition de porter atteinte à la communauté musulmane de sa ville. « En dénonçant précisément ces rituels, l’opposition cherche à viser précisément la religion musulmane », affirme Jean-Jacques Thomas, maire d’Hirson. « Faudrait-il mieux que ces abattages rituels soient réalisés librement, n’importe où et sans aucun contrôle sanitaire ? », s’interroge-t-il avant de préciser que « le fait que ces abattages aient lieu dans un abattoir aux normes strictes est un gage de sécurité ».