Les hydrocarbures ont atteint des prix records, impactant la relance économique mondiale. Face à cette situation, les pays occidentaux exercent des pressions sur l'Opep+ pour augmenter leur production afin de baisser les prix, notamment à la veille de la réunion de l'organisation, le 30 juin. Cependant, les efforts consentis par cette organisation pour répondre aux sollicitations des pays consommateurs ne sont toujours pas suffisants pour faire baisser les prix.

En effet, la hausse de la production décidée par l'Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés (Opep+) est considérée comme minime pour compenser le manque de pétrole lié à l'instauration par les États-Unis et l'Union européenne d'un embargo sur les livraisons russes. L'Opep+ a donc décidé de reconduire lors de sa réunion son objectif pour cet été. À savoir : augmenter la production mensuelle de 648 000 barils par jour (bpj) en juillet et en août, contre 432 000 bpj précédemment.

À l'issue de deux jours de réunion, ces pays, qui regroupent les membres de l'Opep et ses alliés, dont la Russie, se sont accordés sur ce même objectif de production. Ces pays producteurs restent donc sur la même ligne, après le tournant opéré le mois dernier. Depuis le printemps 2021, l'organisation s'était limitée à des hausses modestes de ses quotas dans le but de retrouver graduellement ses niveaux pré-Covid, mais a décidé en mai d'augmenter sensiblement sa production.

Capacités limitées de l'Opep+

Cependant, en raison des sanctions occidentales contre la Russie, l'offre reste toujours insuffisante par rapport à la demande. Cette insuffisance fait encore grimper les prix et fait également craindre que l'Opep soit sur le point d'épuiser sa capacité de réserve pour accroître davantage sa production. Il faut dire que les pays consommateurs ne baissent pas les bras, ils vont continuer à exercer des pressions. C'est ce qui ressort de l'appel de la France aux pays producteurs à augmenter leur volume de «manière exceptionnelle». De son côté, le président américain Joe Biden devrait visiter, à la mi-juillet, l'un des plus grands pays producteurs, à savoir l'Arabie Saoudite, pour insister sur la nécessité de relever la production.

Il faut dire que la situation du marché pétrolier est complexe. De nombreux pays producteurs sont soumis à des sanctions internationales. Il s'agit de la Russie de l'Iran et du Venezuela, soumis à des sanctions américaines. Quant à la Libye, elle traverse une longue et grave crise politico-institutionnelle, limitant ses capacités de production. Ainsi, même si ces pays de l'Opep+ décident d'augmenter leur production, leurs capacités sont très limitées.