Après leur chute pendant la pandémie de covid-19, les prix du pétrole ont explosé en raison de l'invasion russe en Ukraine. Les hydrocarbures ont atteint des prix records, impactant la relance économique mondiale. L'inflation a atteint des niveaux astronomiques, alors que la croissance est en berne. Cette situation a poussé les pays occidentaux à prendre des mesures draconiennes. Cependant, l'explosion des coûts de l'énergie est un frein pour toute relance. C'est dans ce contexte que les pays occidentaux exercent des pressions sur l'OPEP+ pour augmenter leurs productions pour baisser les prix. Composé de pays qui sont au cœur de cette guerre, notamment la Russie et la Norvège qui sont dans deux camps opposés, l'OPEP+ va-t-elle résister à ces pressions ou continuer dans sa stratégie d’augmenter l'offre petit à petit ?

Ainsi, l’alliance OPEP+, qui s'est réuni le 30 juin pour ratifier une nouvelle augmentation de la production pour le mois d’août, achevant l’annulation des vastes réductions de production effectuées au début de la pandémie en 2020.

En effet, comme pour le mois de juillet, l’augmentation sera de 648'000 barils par jour en août 2022 (contre 432.000 barils/j précédemment), ce qui complète la remise sur le marché de 9,7 millions de barils quotidiens mis en attente au printemps 2020 lorsque l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés ont uni leurs forces pour coordonner les réductions de production visant à rééquilibrer le marché mondial du pétrole.

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Cette 30e réunion ministérielle de l'organisation des pays producteurs de pétrole se tient dans un contexte énergétique tendu en raison des répercussions de la crise ukrainienne et des pressions occidentales menées par le président américain Joe Biden, qui projette de se rendre prochainement en Arabie saoudite pour tenter, une fois de plus, de convaincre le chef de file de l’OPEP d’ouvrir les vannes de l’or noir. Les pays occidentaux veulent  combler le déficit d’approvisionnement créé par les sanctions contre la Russie. Ils mettent la pression sur les gros producteurs du Golfe pour les pousser à mobiliser leurs réserves et à pomper dans leur capacité de production inutilisée.

Les choses se compliquent de plus en plus pour l'OPEP+

Cependant, les deux principaux exportateurs de pétrole de l’OPEP+ déclarent, pour leur part, qu’ils pompaient déjà au maximum de leur capacité. Le ministre du Pétrole des Émirats arabes unis, Suhail Al Mazrouei, a ainsi souligné que la production de brut de son pays était d’environ 3,17 millions de barils par jour, proche de son plafond de production dans l’accord OPEP+.

L'Arabie Saoudite affirme également qu'elle est au maximum de ses capacités de productions. Ainsi, si les décisions sont déjà prises dans la logique que l'OPEP s'est déjà fixée, pour l'avenir, les choses se corsent de plus en plus.

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Donc, les prochaines réunions de l’OPEP+ seront sans doute plus ardues que celles des mois précédents consacrées à l’application du programme préétabli. La pression occidentale, les interférences géopolitiques et les perturbations de l’approvisionnement mondial, qui vont crescendo en raison notamment des sanctions ciblant l’énergie russe, risquent d’être, pour l’Organisation et ses alliés, un nouvel examen de passage, alors qu'ils doivent garder leur cohésion et leurs repères stratégiques.