La France pays d'immigration : Depuis des décennies, l'Hexagone continue d'attirer des populations en provenance de différents pays, que ce soit d'Europe ou d'Afrique, dont l'Algérie. Selon les résultats d'une étude publiée le mardi 5 juillet par l'Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) et l'Institut national d'études démographiques (INED), il en ressort qu'un tiers de la population française âgée de moins de 60 ans possède des origines immigrées.

Les résultats de cette étude, intitulée « Trajectoires et Origines (TeO) »[1]Trajectoires et Origines, INSEE, démontrent que près de la moitié des populations immigrées vivant en France sont nées en Afrique et un tiers en Europe. La part des populations d'origines européennes est en baisse, tandis que celle des personnes en provenance de l'Afrique et de l'Asie augmente. L'étude a aussi montré que 32 % de la population de moins de 60 ans en France a des origines immigrées.

Parmi les personnes de moins de 60 ans vivant en France, 4,7 millions sont descendants d'immigrés de troisième génération (10 % des moins de 60 ans), c'est-à-dire nés en France, de parents non immigrés, et avec au moins un de leurs grands-parents immigrés. Si la majorité des immigrés (63 %) vie en couple avec un immigré – le plus souvent de la même origine –, cette proportion s'inverse dès la seconde génération : 66 % des descendants d'immigrés sont en couple avec quelqu'un qui n'a pas d'ascendance migratoire, selon l'étude.

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En France, 45 % des immigrés de la 2e génération sont d'origine africaine

Si les immigrés venus d'Afrique sont majoritaires (53 %, dont 34 % d'Afrique du Nord) dans la tranche d'âge allant de 18 à 59 ans, ils redeviennent minoritaires au-delà de 60 ans (37 %) au profit des immigrés originaires d'Europe (51 %, dont 34 % d'Europe du Sud), selon cette étude menée conjointement en 2019-2020 par l'INSEE et l'INED. Les enfants mineurs de la 2e génération sont ainsi très majoritairement d'origine non européenne (83 %) et en particulier africaine (65 %).

Toutefois, la part de ces origines diminue rapidement au fil des cohortes. De 18 à 59 ans, 45 % des personnes de la 2e génération sont d'origine africaine, alors qu'au-delà de 60 ans, 91 % des immigrés de 2e génération sont d'origine européenne, avec parfois des migrations très anciennes (italienne, espagnole, polonaise, belge, allemande, etc.). « Au fur et à mesure que l'immigration s'incorpore à l'histoire, la composition de la population française s'élargit. Le lien à l'immigration est fréquent, mais s'estompe », souligne dans les colonnes du Monde Patrick Simon, sociodémographe à l'INED et coauteur de l'enquête TeO.

Pour Patrick Simon, les résultats de cette étude sur la part des origines immigrées de la population en France mettent à nu la théorie raciste du « grand remplacement », popularisée en France par Eric Zemmour et les partisans de l'extrême droite : « La théorie du grand remplacement oppose des populations les unes aux autres, celles qui n'auraient aucun rapport à l'immigration à des nouveaux venus. Or, on voit que ce qui se produit, c'est que les généalogies sont de plus en plus mélangées. On parle de grand élargissement », soutient le sociodémographe. Mais ce changement de vocabulaire – pour influencer les points de vue – ne cache-t-il pas une autre politisation de l'immigration dans un pays en pleine crise identitaire ?[2]Patrick Simon (sociodémographe) / Controverses scientifiques, Wikipédia

References

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