La question de l’islam continue à polariser le débat sur la scène politique et médiatique en France. Deuxième religion dans le pays après le christianisme, l’islam semble de plus en plus accepté dans la société française. C’est du moins ce qui ressort du rapport publié, lundi 18 juillet, par la Commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNCDH).  

Depuis plus de trente ans, la Commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNCDH) remet chaque année au Gouvernement un rapport qui dresse un état des lieux du racisme en France. La CNCDH formule également une série de recommandations visant à mieux connaître, comprendre et combattre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie dans la société française.

Dans son rapport[1]Publication du 31e rapport sur la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie, CNCDH sur le racisme en France en 2021, la CNCDH a noté « un niveau de tolérance élevé parmi la population française » en 2021 par rapport aux années précédentes, mais les discours racistes « subsistent encore ». La tolérance envers les minorités s’améliore en France, mais certains groupes restent « stigmatisés », notamment les populations roms, affirme la CNCDH.

Dans le même rapport, les chercheurs de la CNCDH ont eu recours à des enquêtes en ligne et à des face-à-face pour réaliser leur enquête. Les résultats obtenus indiquent que l’indice de tolérance s’établissait, en 2021, à 68 (sur une échelle de 100, niveau maximum de tolérance), soit 2 points de plus qu’en 2019 et 14 points de plus qu’en 2013.

38 % des Français pensent que « l’islam est une menace contre l’identité de la France »

Selon la CNCDH, 38 % des Français pensent que « l’islam est une menace contre l’identité de la France » (contre 44,7 % en 2019). Dans un sondage réalisé en ligne par la CNCDH en 2020, pour mesurer l’ancrage des préjugés racistes au sein de la société française, 59 % des personnes interrogées pensaient que « l’islam (était) une menace contre l’identité de la France ».

L’amélioration de l’indice de tolérance des Français envers l’islam va certainement inciter les politiciens de l’extrême droite à revoir, eux aussi, leur regard envers cette religion en France. Toutefois, l’amélioration de l’indice de tolérance au sein de la société française ne veut pas dire pour autant que le racisme a disparu. « Les discours stigmatisants aux relents racistes et xénophobes n’ont pas disparu de l’espace public et médiatique », précise la CNCDH dans son rapport. « Les phénomènes du racisme et de l’antisémitisme en France requièrent une extrême vigilance ; ils restent encore largement sous-déclarés et se manifestent souvent à travers des formes de rejet subtiles parfois difficiles à caractériser et à dénoncer pour les personnes qui en sont victimes », note encore le rapport.