La guerre en Ukraine a rebattu les cartes de l'approvisionnement en gaz et pétrole. L'Europe, qui jusque-là, comptait sur la Russie, est contrainte de trouver d'autres alternatives. Cette guerre promet donc de remodeler durablement les relations entre États, entraînant par là même de nouvelles dépendances et rivalités dans un jeu aux règles mondialisées. L'Algérie, qui est un important producteur de gaz et de pétrole, pourra donc profiter de ce contexte pour s'imposer sur les marchés mondiaux, notamment en tant que fournisseur de l'Europe. C'est dans ce contexte que l'ex-ministre de l'Énergie Abdelmadjid Attar s'est exprimé sur le rôle que devrait avoir l'Algérie en Afrique et en Méditerranée.

En effet, dans un entretien accordé au quotidien El Watan, Abdelmadjid Attar a tenu à souligner que l'Algérie est en train de se faire une place de choix dans le secteur des hydrocarbures. L'ancien cadre du secteur public, qui gère aujourd'hui son propre cabinet d'études et de conseil dans les domaines de l'énergie, de l'hydraulique et de l'environnement, affirme que la signature de nouveaux contrats conforte la position de l'Algérie. « Avec un contrat aussi important de 4 milliards de dollars[1]Abdelmadjid Tebboune annonce une convention de 4 milliards de dollars : du gaz à flots pour l'Italie et un programme de travaux aussi important, l'Algérie est incontestablement en train de se réapproprier sa place de leader dans le secteur des hydrocarbures en Afrique et en Méditerranée », a-t-il déclaré.

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L'Algérie peut se positionner en tant que partenaire de premier plan au sein du bassin méditerranéen et en particulier pour l'Europe

Commentant le contexte actuel, l'ancien ministre de l'Énergie affirme que « le monde et le contexte énergétique mondial sont en train de changer de façon fondamentale, et les échanges énergétiques entre pays et régions ne seront plus les mêmes qu'ils étaient il y a un peu plus d'une décennie. Les acteurs énergétiques sont aussi en train d'adopter de nouvelles stratégies ».

Dans ce contexte particulier, Abdelmadjid Attar indique que « l'Algérie a non seulement les ressources énergétiques, qu'elles soient fossiles ou renouvelables, mais aussi les moyens humains et réglementaires (nouvelle loi pétrolière 19-13) pour se positionner en tant que partenaire de premier plan au sein du bassin méditerranéen et en particulier pour l'Europe ». « Elle a déjà joué ce rôle vis-à-vis de tous ses partenaires grâce notamment au respect de ses engagements en tout temps et en tous lieux. Avec les perspectives en gaz qu'elle possède, un marché très favorable qui le demeurera encore plusieurs années, elle est condamnée à réussir », insiste à ce titre l'ancien ministre.

Énergies renouvelables en Algérie : Attar peu enthousiaste

Revenant sur la nécessité de développer les énergies renouvelables, Abdelmadjid Attar explique qu'« actuellement, et probablement pour la période de transition de quelques années […], la préoccupation primordiale de tous les pays du monde est la sécurité énergétique, laquelle passe par la possession des ressources énergétiques, ou alors la fiabilité de leur origine et des voies d'approvisionnement ».

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Il insiste sur le fait que « l'Algérie est le seul pays méditerranéen qui remplit toutes ces conditions, et c'est en les mettant au profit de son plan de développement, qu'elle arrivera durant ces quelques années à non seulement sortir de la dépendance de la rente pétrolière, refonder son économie, mais aussi assurer sa propre sécurité énergétique à long terme ». « Cette sécurité énergétique est parfaitement atteignable à moyen et long termes, grâce aux ressources gazières, mais aussi les énergies renouvelables qui peuvent et doivent elles-mêmes s'accompagner d'une industrie du renouvelable, créatrice de beaucoup d'emplois », a-t-il conclu.