Les minorités en France restent toujours stigmatisées, malgré certaines avancées. C'est ce qui ressort du dernier rapport de la Commission nationale consultative des droits de l'Homme (CNCDH). En effet, selon ce rapport, la tolérance envers les minorités s'améliore en France, mais certains groupes restent « stigmatisés ». 

Jean-Marie Burgubur, président de la CNCDH, affirme dans le rapport annuel de l'institution qu'il préside que « de 1990 à 2022 […], l’acceptation des minorités a globalement progressé en France ». Il ajoute que « depuis 2015, le niveau de tolérance semble poursuivre sa progression ». Ce rapport sur l'état des lieux du racisme en France est également remis à la ministre déléguée auprès de la Première ministre chargée de la Diversité Isabelle Lonvis-Rome.

Dans l'introduction, le rapport[1][PDF] La lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie, Rapport de la CNCDH, année 2021 indique que « cinquante ans plus tard, le bilan est alarmant. Alarmant parce que, ainsi que le rappellent régulièrement les travaux de la CNCDH, le Baromètre du Défenseur des droits sur les perceptions des discriminations dans l’emploi et les campagnes de testings récentes menées par des chercheurs et des associations, des personnes continuent d’être discriminées en raison de leur origine réelle ou supposée, leur religion ou leur couleur de peau, victimes qu’elles sont de préjugés ».

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Baisse du niveau perçu du racisme en France

En ce qui concerne le racisme, le rapport affirme qu'il est « en baisse depuis de nombreuses années, la part des Français qui se considèrent eux-mêmes comme racistes continue de diminuer cette année pour atteindre 15 % des répondants qui se disent plutôt racistes (3 %) ou un peu racistes (12 %). Cette proportion est en baisse par rapport à 2019 (3 points), mais affiche surtout une baisse continue depuis 20 ans. En 2000, 43 % des Français interrogés se disaient plutôt ou un peu racistes, soit un recul très important ».

Le rapport indique également que « les Français adoptent aujourd’hui une conception assez ouverte de la citoyenneté française. Pour eux, les membres des groupes minoritaires ayant la nationalité française sont des Français comme les autres, que ce soient les Juifs (89 %), les Musulmans (83 %) ou les Roms (63 %), ce qui témoigne d’une vision non exclusive de la nationalité largement partagée ». Tandis qu'en ce qui concerne l'immigration dans l’hexagone, ce rapport révèle que « la présence des immigrés ne semble pas susciter en tant que telle une opposition très marquée. Si près d’un Français sur deux (49 %) a le sentiment que les immigrés sont trop nombreux aujourd’hui en France, ils considèrent en majorité (72 %) que la présence d’immigrés est une source d’enrichissement culturel et que les travailleurs immigrés doivent être considérés comme chez eux en France, car ils contribuent à l’économie française (81 %) ».

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L'indice de tolérance par minorité en France

Cependant, le même rapport explique que « cette position globalement positive sur les immigrés n’empêche pas le maintien de certaines positions critiques, 52 % des Français estimant que de nombreux immigrés viennent en France uniquement pour profiter de la protection sociale et 35 % que l’immigration est la principale cause de l’insécurité ». « Dans les deux cas, on constate que ces positions sont en baisse par rapport à 2019 (respectivement -7 points et -2 points) », ajoute ce rapport.

Par ailleurs, le rapport souligne que « près de 4 Français sur 10 (37 %) considèrent que ce sont avant tout les personnes d’origine étrangère qui ne se donnent pas les moyens de s’intégrer quand 28 % mettent plutôt cette responsabilité sur les épaules de la société française et que 31 % considèrent que ni l’un ni l’autre n’en sont responsables ».

Le rapport a également établi un indice de tolérance par « minorité ». Cet indice s'établit à « 80 à l’égard des Noirs », « 79 à l’égard des Juifs », « 74 à l’égard des Maghrébins », « 62 à l’égard des Musulmans » et « 52 à l’égard des Roms », note le rapport. À partir de ses enquêtes, la CNCDH note que des préjugés racistes ont la vie dure, même si certains sont en recul. Ainsi, 38 % des Français pensent que « l’islam est une menace contre l’identité de la France » (contre 44,7 % en 2019) ou encore 45 % pensent que « les Roms vivent essentiellement de vols et de trafics » (48,2 % en 2019). Et 37 % pensent que « les Juifs ont un rapport particulier à l’argent », en hausse par rapport à il y a deux ans (34,1 %).

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References