Les compagnies aériennes n'en peuvent plus de rembourser ou d'indemniser leurs clients suite à différents désagréments. Mises à genoux par la crise sanitaire du coronavirus, les compagnies aériennes du monde entier sont frappées de plein fouet par le manque de personnel disponible et le chaos aérien qui en résulte, avec notamment des annulations et des retards de vols pour lesquels les clients ne sont pas tous compréhensifs.

En effet, le manque de personnel et le chaos qui en résulte amènent des désagréments insupportables pour les passagers, principalement les annulations et les retards. Des désagréments qui poussent les compagnies aériennes à rembourser ou indemniser les clients de plus en plus exigeants, ayant eux-mêmes souffert de la pandémie de covid-19. Pour cela, les montants varient entre 250 et 600 euros, selon la nature et la gravité du désagrément.

Cette situation s'est accentuée ces derniers mois et devient insupportable pour la trésorerie des compagnies aériennes dans différentes parties du monde. C'est ce qui fait qu'elles font pression, à leur tour, sur la Commission européenne dans le sens d'un amendement à apporter à la réglementation, avec comme objectif, une baisse des montants des indemnisations dans le but d'alléger le lourd fardeau qui pèse sur les épaules des compagnies aériennes.

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Indemnisation des voyageurs : Un vieux débat qui revient

La Commission européenne a été saisie par plusieurs compagnies aériennes sur cette question des montants des indemnisations au profit des voyageurs. La loi qui définit ces montants doit être examinée, comme en 2013 quand le projet d'une réduction des montants d'indemnisation avait été bloqué en raison d'un différend entre la Grande-Bretagne et l'Espagne. Donc, c'est un vieux débat qui revient après avoir été accentué par la pandémie de coronavirus ayant mis, en 2020 et 2021, les compagnies aériennes dans la difficulté.

Il faut dire que cela ne sera pas facile dans la mesure où il y a deux positions inconciliables entre les défenseurs des compagnies aériennes et ceux des consommateurs et des droits des passagers. Pour les défenseurs des compagnies aériennes, les lourdes pertes que le secteur du transport aérien a connues en raison de la pandémie risquent de s'éterniser si l'on maintient des indemnisations à trois fois le prix des billets.

Chaud débat entre compagnies aériennes et consommateurs

« Je pense que tout le monde serait d’accord pour dire que si vous payez 50 euros pour le billet et qu’on vous rembourse 300 euros, ce n’est pas correct. Cela n’a aucun sens », a estimé Thomas Reynaert, directeur du lobby industriel bruxellois, Airlines for Europe, cité par le site spécialisé SuiteSpot qui a consacré un article à cette problématique épineuse.

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De leur côté, les défenseurs des consommateurs estiment que les retards ou les annulations de vols ont des conséquences plus importantes. Les retards et les annulations engendrent des coûts supplémentaires, notamment dans les hôtels et autres transports. « Si vous voyagez pour 30 euros de la Lituanie au Portugal et que vous êtes bloqué deux jours entre deux vols, est-il juste de ne recevoir que quelques euros d’indemnisation ? Nous devons maintenir le niveau d’indemnisation et renforcer l’application », rétorque Steven Berger, conseiller juridique du groupe de consommateurs BEUC (Bureau européen des unions de consommateurs).