Deux jours après son agression à coups de couteau par un jeune Américain d’origine libanaise, lors d’une conférence dans l'État de New York aux États-Unis, l’écrivain Salman Rushdie est sur « la voie du rétablissement »  a affirmé, dimanche 14 août, son agent, Andrew Wylie, cité par des médias américains.   

L'écrivain américano-britannique d'origine indienne, Salman Rushdie, cible de menaces de mort depuis la publication de son roman  « Versets sataniques » en 1988, a été poignardé vendredi 12 août par un jeune Américain originaire du Liban. L’agression a eu lieu vers 11 h sur l’estrade de l’amphithéâtre du centre culturel de Chautauqua, dans l’État de New York, lorsqu'un homme s’est « précipité sur la scène » et a « poignardé » M. Rushdie plusieurs fois « au cou » et « à l'abdomen », selon la police locale. Évacué en urgence dans un état grave vers un hôpital d'Érié (Pennsylvanie), Salman Rushdie a été opéré et placé sous assistance respiratoire.

L’agresseur présumé de l’écrivain a été immédiatement appréhendé par la police. Il s’agit d’un homme de 24 ans, répondant au nom de Hadi Matar, d’origine libanaise et vivant dans l’État du New Jersey. Placé en garde à vue, le suspect a été « formellement poursuivi pour tentative de meurtre et agression », a annoncé samedi 13 août le parquet de New Jersey, précisant que des enquêteurs de la police fédérale (FBI) travaillaient sur ce crime à « la dimension internationale ».

À lire aussi :  Guerre d'Algérie : révélations sur les prisons de Normandie

Voici l’état de santé de Salman Rushdie, deux jours après son agression au couteau

Alors que les nouvelles sur l’état de santé de Salman Rushdie étaient « sceptiques » tout au long de la nuit du vendredi et de la journée du samedi, où plusieurs sources affirmaient que l’écrivain n’allait pas survive, voilà que l’agent du romancier annonce ce dimanche 14 août une bonne nouvelle. En effet, dans une déclaration aux médias américains, Andrew Wylie a indiqué que « Salman Rushdie est sur la voie du rétablissement ».

Dans un communiqué transmis aux médias américains, Andrew Wylie a affirmé que Salman Rushdie « n’est plus sous assistance respiratoire » et « la voie du rétablissement a commencé ». « Les blessures sont graves, mais son état évolue dans la bonne direction », a ajouté l’agent de l’écrivain américano-britannique. Une nouvelle qui va certainement rassurer les lecteurs de Salman Rushdie, dont l’agression a suscité l’indignation à travers le monde.

L’écrivain qui faisait l’objet d’une fatwa (décret religieux) lancée contre lui en 1989 par l'Ayatollah Khomeyni, chef suprême de la Révolution d'Iran, suite à la publication de son roman « Versets sataniques » jugé blasphématoire, vivait depuis plus de 30 ans sous une protection policière. La fatwa de l’ancien chef iranien appelait tous les musulmans à tuer Salman Rushdie. La Fondation du 15 Khordad, proche du régime des mollahs, a ainsi mis la tâte de Salman Rushdie à prix : 2,8 millions de dollars, un chiffre porté à 3,3 millions de dollars en 2012.

À lire aussi :  Guerre d'Algérie : révélations sur les prisons de Normandie

L'écrivain algérien Ysamina Khadra apporte son soutien à Salman Rushdie

L’agression contre Salman Rushdie, qui a fait réagir de nombreux chefs d’État du monde ainsi que des écrivains et romanciers, a suscité également la réaction de l’écrivain algérien Yasmina Khadra. De son vrai nom, Mohammed Moulessehoul, l’écrivain algérien a publié un message vendredi 12 août sur sa page Facebook en soutien au romancier Salman Rushdie. Pour Yasmina Khadra l’agression contre l’écrivain est « une abomination ».

Tout en rappelant avoir rencontré Salman Rushdie en 2007 à New York, Yasmina Khadra qui n’a pas caché sa différence avec l’écrivain en matière de religion et de croyance a mis l’accent sur le respect de l’autre. « Nous nous respections parce que nous sommes toujours persuadés que la liberté de tout un chacun, tant qu’elle ne s’oppose pas à la liberté des autres, est légitime. On est libre de croire ou bien de ne pas croire », écrit Yasmina Khadra.

« Le malheur de l’humanité commence dès lors que certains contestent et condamnent le mode de vie des autres. Lorsqu’il s’agit de conviction, la contestation de cette dernière est une atteinte à l’intégrité. On peut discuter, débattre ou ne pas débattre, mais rien ne justifie un passage à l’acte aussi odieux qu’impardonnable », ajoute Yasmina Khadra en réaction à l’agression contre Salman Rushdie.

À lire aussi :  Guerre d'Algérie : révélations sur les prisons de Normandie

« Un écrivain a sa propre façon de voir les choses. S’il lui arrive de bousculer nos certitudes ou de déplacer certains de nos repères, il ne fait que nous aider à réfléchir le monde qui nous entoure et à interroger intelligemment nos convictions et les enseignements auxquels nous avons accédé. L’existence est un mystère. Et notre vocation d’êtres humains est de tenter d’en percer les codes. Il ne sert à rien de s'opposer à la Pensée, car elle guide notre destinée avec ou sans notre consentement », ajoute encore Yasmina Khadra.