Décidément, les terres et les métaux rares algériens sont devenus l'obsession du gouvernement et des médias français. Depuis la publication du Rapport Varin en début de l'année en cours, il ne se passe pas un jour sans que des analyses, recommandations et rappels ne soient publiés.

Certains analystes vont jusqu'à dire que ces mêmes terres et métaux sont au cœur de la récente visite du Président français en Algérie[1]Mémoire, immigration, partenariat économique, Sahel : ce qu'attend Macron de l'Algérie. En effet, dans la déclaration d'Alger pour un « partenariat renouvelé », qui a couronné ladite visite, outre l'intensification de collaboration « dans la recherche, l'industrie et les nouvelles technologies », la filière des métaux rares a été explicitement citée, une filière dans laquelle la France, selon les spécialistes, cherche à sécuriser ses approvisionnements. Aussi, le président Macron a évoqué – moins explicitement, certes – le sujet auquel la presse algérienne ne semblait pas jusqu'alors tendre trop d'importance.

Le sujet a également été au menu du très récent entretien entre Bruno Le Maire, le ministre français de l'Économie et le ministre algérien de l'Énergie et les Mines, Mohamed Arkab. Ce dernier a aussi discuté avec Arnaud Montebourg ; qu'il avait déjà rencontré en juillet en marge de la cérémonie du 60e anniversaire de l'indépendance du pays.

Les terres isolées : Un intérêt grandissant à l'échelle planétaire

« Nos partenaires algériens sont demandeurs de propositions françaises en matière minière », aurait confié, au journal français L'Opinion, un membre de la délégation française qui s'était rendue en Algérie. À la lumière des nouvelles mutations économiques, il va sans dire que l'Algérie, dont les hydrocarbures sont la ressource principale et dont l'économie peine à se diversifier en dépit des discours grandiloquents, cédera cette « nouvelle » richesse au mieux offrant.

Des économistes algériens, conscients de l'« inévitabilité » de cette orientation qui ne saurait tarder à s'opérer, recommandent aux autorités de faire de sorte que celle-ci soit accompagnée d'un transfert de savoir-faire et d'investissements directs étrangers.

Ce regain d'intérêt pour les terres n'est pas uniquement français. « En Afrique et ailleurs, la Chine a pris 40 % du contrôle des chaînes de valeur pour les métaux nécessaires à la fabrication de batteries », explique Philippe Varin dans son rapport, tout en appelant la France à avoir une véritable diplomatie des métaux. La Russie, de son côté, a réalisé d'importantes études géologiques. D'autres pays – l'Australie, la Turquie ou la Suisse – marquent leur intérêt à investir dans cette filière stratégique. C'est dire que pour la France, la bataille des terres rares algériennes n'est pas forcément gagnée.