En Afrique du Nord, la limite entre le blasphème et la liberté d'expression est très étroite. En Tunisie, au Maroc et en Algérie, la question de la religion est sacrée. Plusieurs internautes qui se sont aventurés à critiquer l'islam ont été arrêtés et condamnés par la justice. C'est le cas d'une internaute marocaine condamnée en appel à deux ans de prison ferme. En effet, Fatima Karim, âgée de 39 ans, était poursuivie pour avoir commenté de façon satirique, sur sa page Facebook, des versets du Coran et des hadiths .

Ainsi, la justice marocaine a lourdement condamnée cette internaute. Le verdit est tombé, mardi 13 septembre, dans un procès en appel. Fatima Karim a été placée en détention depuis mi-juillet. Elle était poursuivie pour avoir commenté sur un ton satirique en langue arabe des versets du Coran et des hadiths. Le tribunal de première instance de Oued Zem, à 150 kms de Casablanca, a jugé cette internaute coupable  d’ "atteinte à la religion musulmane", pour des propos que le tribunal a jugés offensants. Lors du procès en cassation, "la cour d’appel de Khouribga a condamné à deux ans de prison ferme Fatima Karim, confirmant le jugement en première instance", a affirmé son avocat, Habib Aadi qui a déploré "un verdict très dur".

Pendant son procès, l'internaute a fait valoir son droit à la liberté d’expression. Elle a réaffirmé que ce droit est  garanti par la Constitution marocaine. Cependant, Fatima Karim a présenté publiquement des excuses à "quiconque s’est senti offensé" par ses publications. Elle a assuré n’avoir jamais eu l’intention de porter atteinte à l’islam, religion d’Etat au Maroc.

Au Maroc, le code pénal condamne ceux qui "portent atteinte à l'islam"

Il faut souligner que les poursuites ont été déclenchées par le parquet sur la base de l’article 267-5 du Code pénal. Un article qui stipule qu'il est puni de six mois à deux ans de prison ferme "quiconque porte atteinte à la religion musulmane". Cette peine est susceptible d’être portée à cinq ans d’emprisonnement si l’infraction est commise en public, "y compris par voie électronique", indique le code pénal.

Cette condamnation a fait réagir les défenseurs des droits humains au Maroc. Ces derniers dénoncent ce texte de loi qui entrave la liberté d’expression et dont la formulation "ne spécifie pas concrètement les faits qui pourraient constituer une atteinte".