En Algérie, depuis les restrictions sur les visas décidées par les autorités françaises, l'obtention du fameux sésame devient un véritable parcours de combattant. Les difficultés commencent dès la première étape qui consiste à obtenir un rendez-vous pour le dépôt des dossiers. En effet, même l'obtention du rendez-vous pour le dépôt n'est pas une chose aisée. La disponibilité des créneaux pose un véritable problème. Cette situation a fait naître un véritable business. 

Ainsi avant l'étude de la demande, les Algériens doivent passer par les plateformes de sous-traitance des demandes de visas, qui sont VFS Global et TLScontact. Il faut donc obtenir un rendez-vous auprès de ces plateformes pour déposer sa demande de visa. Cependant, faute de créneaux, les demandeurs doivent s'adresser généralement à des cybercafés qui vendent "les rendez-vous".

C'est ainsi que l'obtention d'un rendez-vous devient un véritable commerce juteux. Un Algérien qui ne compte que sur lui-même risque de passer des nuits sur son ordinateur pour avoir un rendez-vous en vain. Certains, férus de nouvelles technologies, utilisent même un logiciel pour traquer les rendez-vous. Après leur obtention, ils les vendent aux demandeurs qui sont dans l'obligation de payer ce service, faute de quoi, ils ne pourront obtenir un rendez-vous.

Des rendez-vous de visas sont proposés à la vente par des cybercafés et des particuliers

Il faut également souligner que pendant les mois d'été, les rendez-vous ont été gelés, ce qui a fait exploser les demandes à l'entrée. Il faut dire que cette activité est exercée ouvertement. Des cybercafés affichent leurs tarifs sur leurs vitrines. "Rendez-vous de visas pour la France, l’Espagne, le Royaume-Uni… disponibles", peut-on lire sur ces vitrines.

Il faut rappeler que cette activité illégale à été pointée du doigt dans un rapport parlementaire remis à l’Assemblée nationale française en janvier 2021. Plusieurs députés français avaient pointé du doigt l’essor du business des rendez-vous de visas. Dans ce rapport, ces députés ont observé que "la difficulté liée à la prise de rendez-vous est accentuée par la multiplication des officines qui préemptent tous les créneaux dès leur ouverture sur internet et les ‘‘revendent’’ aux demandeurs". Cependant, depuis la présentation du rapport, aucune mesure n'a été prise pour mettre fin à ce business qui sanctionne les demandeurs de visas en Algérie.