Va-t-on vers une amélioration des relations franco-marocaines ? L’ambassadrice de France au Maroc a quitté son poste trois après sa nomination. Hélène Le Gal, âgée de 55 ans, s’apprête à intégrer, en octobre, les rangs du Service européen pour l’action extérieure, à Bruxelles. Cette nouvelle peut être annonciatrice d'un nouveau départ pour les relations franco-marocaines qui traversent une période de froid prolongé. 

En effet, depuis la nomination de Hélène Le Gal au poste d'ambassadrice de la France au Maroc, les relations franco-marocaines n'ont pas connu d'améliorations. Au contraire, elles se sont dégradées pour plusieurs raisons, notamment celles liées à l’affaire Pegasus qui a secoué le royaume et également la position de la France sur le Sahara occidental. Le départ de cette ambassadrice est perçue comme une occasion pour redynamiser les relations entre les deux pays. Ainsi, le Maroc qui a pris du retard par rapport à son voisin et "adversaire", l'Algérie, est passé à l'offensive ces derniers jours surtout après la visite d'Emmanuel Macron qui a scellé un réchauffement entre Paris et Alger.

En France, une partie de la classe politique pro-marocaine est passée à l'offensive en faisant pression sur Emmanuel Macron pour qu'il enterre la "hache de guerre" et qu'il se tourne du côté du Maroc. Plusieurs journalistes, intellectuels et hommes politiques se sont donc prononcés pour un rééquilibrage des relations avec l'Algérie et le Maroc. Pour un développement positif des relations franco-marocaines. Le lobby marocain en France est même passé à l'offensive afin de pousser les autorités françaises à privilégier le royaume chérifien "allié et ami" traditionnel de la France au détriment de l'Algérie.

S’aligner sur les positions américaine et espagnole risque d'irriter l'Algérie

Ainsi, la nomination d'un nouvel ambassadeur au Maroc est considérée comme un test pour l'Hexagone appelé à afficher ses intentions concernant les relations franco-marocaines. Il faut dire que lors de son dernier discours, le roi Mohammed VI a égratigné la France lui reprochant de ne pas afficher une position claire concernant la question du Sahara occidental.

Le Maroc explique que ses relations avec les autres pays sont désormais pesées par le prisme des positions par rapport à cette question. Il réclame un soutien direct et univoque sur ce qu’il considère comme "ses provinces du Sud", et aimerait voir l’Élysée s’aligner sur les positions américaine et espagnole. Cependant, dans la conjoncture actuelle, la France ne prendra sûrement pas le risque de s'aligner avec le Maroc. Ses relations avec l'Algérie seront mises en danger. Dans ce contexte, le gaz algérien pèse lourd dans la balance. Que fera Macron concernant les relations franco-marocaines ?