Le drame de Melilla qui a coûté la vie le 24 juin dernier à 23 migrants subsahariens, continue de susciter des réactions dans le monde. Appelé par des députés espagnols à donner des explications sur ce drame, le gouvernement de Pedro Sanchez s’est exprimé enfin, ce mercredi 21 septembre, par la voix de son ministre de l’Intérieur, en rejetant toute responsabilité.

Près de trois mois après la tragédie de Melilla, les questions restent toutes sans réponses concernant les dessous de cette affaire qui a ébranlé le monde. Les autorités marocaines font tout pour enterrer cette affaire dans laquelle les forces de l’ordre du Royaume seraient directement impliquées dans la mort des 23 migrants et la blessure de centaines d’autres. D’ailleurs, le gouvernement du Maroc refuse de collaborer avec les différentes commissions d’enquête, créés pour mettre la lumière sur cette affaire.

De son côté, le gouvernement espagnol, également pointé du doigt dans ce drame pour la simple raison que l’enclave de Melilla est sous l’administration espagnole, s’est muré dans un silence intriguant. Il a d’ailleurs fallu attendre près de 3 mois pour que le gouvernement ibérique s’exprime enfin sur ce drame. Cela s’est passé ce mercredi lors d’une séance au Parlement espagnol.

Le gouvernement Sanchez parle d'usage disproportionné de la force dans le drame de Melilla

Appelé par plusieurs groupes parlementaires à s’exprimer sur le drame de Melilla, le ministre espagnol de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a rejeté toute responsabilité de son gouvernement. "L'action de la Garde civile, avec l'appui de la police nationale, a bloqué l'entrée sur le territoire espagnol de la majorité des personnes et a permis de contenir l'attitude violente des assaillants grâce à l'emploi -et je dois le dire clairement - opportun et proportionné du matériel à leur disposition", a-t-il précisé.

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Le représentant du gouvernement a insisté devant les députés que "l'Etat a dû apporter une réponse ferme face à la violence injustifiable de 1.700 migrants ayant tenté d'entrer par la force dans ce petit territoire espagnol enclavé sur la côte méditerranéenne du Maroc". A se demander si le ministre espagnol n'est pas en train de justifier l'utilisation de la force par ses forces de l'ordre, sa réponse pouvant ressembler plutôt à un aveu de culpabilité dans le drame des migrants subsahariens.