Obtenir un rendez-vous pour une demande de visa Schengen est devenu de nos jours un vrai calvaire pour les ressortissants des trois pays d'Afrique du Nord. Les prestataires VFS Global et TLS Contact, qui sous-traitaient en Algérie, au Maroc et en Tunisie les demandes de visa pour la France, sont pointés du doigt par les demandeurs du fameux sésame.

Alors que la France a décidé de réduire drastiquement le nombre de visas accordés aux ressortissants venant d’Algérie, du Maroc et de la Tunisie, les prestataires de services VFS Global et TLS Contact, désignés par la France pour traiter les demandes de visa dans ces pays, cristallisent aujourd’hui  le ressentiment des demandeurs. Ces derniers reprochent à ces deux prestataires plusieurs griefs, selon une enquête publiée lundi 26 septembre par Jeune Afrique[1]Visas français au Maghreb : retards, coûts élevés, fraudes… Les sous-traitants dans le viseur, Jeune Afrique.

Les entreprises  VFS Global et TLS Contact suscitent la critique en Algérie, mais aussi au Maroc et en Tunisie. La procédure d’obtention de visas Schengen pour les citoyens de ces trois pays s’apparente de plus en plus à un parcours du combattant, écrit le magazine panafricain : non-remboursement en cas de refus, délais d’attente pouvant atteindre plusieurs mois, difficulté à joindre les prestataires… sont autant de griefs cités.

Les demandeurs de visas Schengen reprochent à VFS Global et TLS Contact de « tout faire pour engranger des profits, sans fournir de réelles améliorations aux conditions de traitement des dossiers », précise le magazine. Pourtant, la décision de la France et de nombreux autres pays européens de recourir depuis les années 2000 à ces sous-traitants privés avait pour but de simplifier les procédures de demandes de visa et de désengorger les différentes ambassades et consulats de ces pays.

Les conditions d’accueil des personnes qui venaient effectuer leur demande de visa dans les consulats « étaient mauvaises » explique Juliette Dupont, chercheuse à l’université Concordia de Montréal, affiliée à l’institut Convergences Migrations et spécialiste de la délivrance des visas en Algérie et en Chine. « Plutôt que d’investir dans les services publics, et donc dans les consulats, de nombreux pays ont préféré opter pour la sous-traitance », ajoute-t-elle.

 VFS Global et TLS Contact s'en lavent les mains

En Algérie, « le recours aux intermédiaires est en passe de devenir une pratique institutionnalisée », écrit Jeune Afrique. Des dizaines d’agences de voyages ou de particuliers offrent leurs services, dont les coûts peuvent atteindre des dizaines de milliers de dinars (plusieurs centaines d’euros). Un business juteux que ne cessent de dénoncer de nombreux Algériens, mais aussi des Marocains et des Tunisiens en quête d’un rendez-vous pour une demande de visa chez VFS Global ou TLS Contact.

Interrogé sur ce phénomène, TLS Contact a affirmé à Jeune Afrique avoir déjà « mis en place de nombreuses mesures de sécurité sur (ses) sites internet pour contrer ces pratiques ». Le prestataire explique aussi recourir à des campagnes de « sensibilisation » auprès des demandeurs de visas en leur « déconseillant  fortement de passer par de tels intermédiaires ». Concernant la « saturation des rendez-vous », TLS Contact renvoie la balle aux consulats.

Récemment, la  Fédération marocaine des droits du consommateur (FMDC) a saisi l’ambassade de France au Maroc pour demander de rembourser les Marocains dont les demandes de visa ont été refusées. «Je paie un produit, si je ne l'ai pas, il faut me restituer les frais, surtout si ce n'est pas moi qui ai refusé de l'avoir, mais plutôt le pays en question », explique à ce propos Dr Bouazza Kherrati, président de la FMDC.