Le Tax Justice Network a livré son classement de l'indice du secret financier cette semaine. 141 pays sont passés au peigne fin. Tandis que les États-Unis, la Suisse et le Singapour sont en tête du classement, le Nauru, le Saint-Marin et la Montserrat (une petite île des Antilles) ferment le bal. Explications.

Le Financial Secrecy Index, élaboré par le Tax Justice Network (TJN) basé au Royaume-Uni, est un classement des juridictions les plus complices aidant les individus à dissimuler leurs finances. Il enquête sur le degré de secret financier autorisé par les lois de la juridiction.

Le secret financier, indiquent les concepteurs du classement, facilite les abus fiscaux, permet le blanchiment d'argent et porte atteinte aux droits humains. L'indice du secret financier identifie les plus grands fournisseurs mondiaux de secret financier et met en lumière les lois que les gouvernements peuvent modifier pour réduire leur contribution au secret financier.

En outre, le TJN examine les services de secret financier utilisés par les fraudeurs fiscaux, les oligarques et les politiciens corrompus qui cherchent à cacher leur richesse illicite à l'étranger, et prend en compte la mesure dans laquelle la situation financière d'un pays et le système juridique permettent aux individus – à savoir les non-résidents – de cacher et de blanchir leur argent.

Secret financier : 10'000 milliards de dollars de « richesse anarchique » déplacés à l'étranger

Ainsi, selon le rapport publié le mardi 27 septembre 2022[1]Financial Secrecy Index, Tax Justice, les États-Unis se sont hissés au sommet des pays les plus complices pour aider les individus à cacher leurs richesses. Ils sont suivis par la Suisse, Singapour, Hong-kong, le Japon, l’Allemagne, les Émirats arabes unis et les îles Vierges britanniques. Le Qatar, lui, est classé 20e place, l'Arabie saoudite 25e, l'Égypte 56e, Maroc 79e et Tunisie 102e.

Les services, qualifiés d’« opaques », offerts par le secret financier, ont permis à environ 10'000 milliards de dollars de « richesse anarchique » d'être déplacés à l'étranger. Cependant, selon le directeur général de TJN, Alex Cobham, ils ont généralement diminué dans le monde à la suite de campagnes de transparence et de réformes contre le secret financier.

Mais le dernier indice de TJN a révélé que cinq pays du G7 – les États-Unis, le Royaume-Uni, le Japon, l'Allemagne et Italie – ont entravé ces progrès. Alex Cobham a déclaré que ces 5 pays à eux seuls avaient « réduit ce progrès mondial de plus de moitié, alimentant le secret financier au lieu de le combattre », et a appelé le G7 à « clarifier sa position dans la lutte contre le secret financier » en s'engageant dans un registre mondial des actifs.

Dans ce classement, l'Algérie est à la 34e place ; un classement dont on ne peut ni se réjouir ni se plaindre. La France, elle, est à la 30e place. La Tunisie – à la 102e place – et le Maroc – à la 79e place – semblent être de bien meilleurs élèves quant à la prévention du secret financier et semblent mettre davantage de moyens au service de la lutte contre l'évasion fiscale.

References

References
1 Financial Secrecy Index, Tax Justice