À l'approche de l'hiver, l'une des préoccupations des pays européens est d'assurer un approvisionnement suffisant en gaz. Et la crise énergétique provoquée par le voisin de l'Est en guerre contre l'Ukraine depuis le 24 février 2022 fait du gaz algérien une denrée précieuse pour laquelle l'Union européenne semble prête à consentir les efforts nécessaires. Le 10 octobre, c'est Kadri Simson, la commissaire européenne à l'Énergie, qui sera à Alger. Le but principal de cette visite : du gaz algérien au meilleur prix.

La visite en question est annoncée il y a de cela une vingtaine de jours, mais aujourd'hui, le 1er octobre 2022, le ministère algérien de l'Énergie est revenu dessus. « Le ministre de l'Énergie et des Mines, Mohamed Arkab, et la commissaire européenne à l'Énergie, Kadri Simson, présideront la quatrième réunion de haut niveau entre l'Algérie et l'Union européenne sur l'Énergie, qui se tiendra le 10 octobre 2022 au siège du ministère de l'Énergie et des Mines », peut-on lire dans un communiqué rendu public aujourd'hui.

Les rédacteurs du communiqué ont insisté sur le fait que cette quatrième réunion s'inscrit dans le cadre « des mécanismes de dialogue entérinés par le partenariat stratégique entre l'Algérie et l'Union européenne dans le domaine de l'énergie et de tous les sujets d'intérêt commun, à savoir le développement des investissements dans l'exploration et la production d'hydrocarbures, les perspectives de développement de l'industrie gazière, le développement de l'hydrogène et de l'électricité, la coopération dans le domaine des énergies renouvelables et l'efficacité énergétique en Algérie ».

Prix du gaz algérien : des négociations serrées

Ce que ne dit pas clairement le communiqué, ce sont les vraies motivations de cette visite, qui intervient après que les ministres de l'Énergie des 27 pays européens soient tombés d'accord pour mettre en place des mesures d'urgence afin de contrer les hausses des prix du gaz et de l'électricité. Kadri Simson, de l'avis de tous les spécialistes, aura pour mission de convaincre le Gouvernement algérien de la possibilité d'obtenir de meilleurs prix de gaz naturel grâce à la plate-forme d'achat conjointe mise en place par la Commission européenne. El-Economista, un journal espagnol, a même parlé  de « l'intention de Simson de faire pression sur le Gouvernement algérien en vue de l'obtention de meilleurs prix [grâce à ladite plate-forme] ».

Aussi, l'Algérie a récemment entamé un processus visant à renégocier les prix du gaz avec ses partenaires. Le PDG du groupe Sonatrach, Toufik Hakkar, a déclaré, le 28 septembre 2022, qu'il avait été convenu avec 6 partenaires de réviser les prix du gaz, en attendant de poursuivre les négociations avec les autres partenaires. Il a expliqué qu'il s'agissait de revoir les cours du gaz naturel exporté aussi bien vers l'Italie que vers l'Espagne[1]Sonatrach hausse ses prix et augmente ses livraisons de GNL à la France, « aujourd'hui que le marché international du gaz connaît une hausse surprenante des prix ». Il est donc certain que les négociations entre l'Union européenne, représentée par Kadri Simson, et l'Algérie seront serrées.