Depuis le début de la guerre en Ukraine, les prix des hydrocarbures ont largement augmenté. Les prix du gaz indexé au pétrole ont explosé. Cependant, la compagnie algérienne Sonatrach ne bénéficie pas pleinement de cette hausse, le gaz exporté vers l'Europe étant régi par des contrats à long terme qui définissent un seul indice de prix. Pour augmenter le prix du gaz exporté, la Sonatrach a annoncé ce jeudi 7 juillet avoir signé avec le français Engie un accord de vente et d'achat qui étend leur partenariat au gaz naturel liquéfié (GNL).

Ainsi, selon l'entreprise nationale des hydrocarbures, cet accord se traduira par l'augmentation de la part du groupe pétrogazier dans le portefeuille d'approvisionnement d'Engie. Et concrètement, le gaz exporté vers la France sera plus cher à l'avenir. Cette première augmentation confirme donc les déclarations des responsables de la Sonatarch qui ont annoncé que les négociations avec leurs partenaires pour augmenter les prix du gaz étaient en bonne voie.

Révision des prix du gaz exporté par l'Algérie

En effet, le PDG avait indiqué que des accords avec ses clients dans le domaine gazier seraient « prochainement annoncés » pour une révision des prix du gaz exporté par l'Algérie.

Toufik Hakkar a fait savoir, lors d'une conférence de presse organisée à l'issue de la présentation du bilan de Sonatrach de l'année 2021, que « la révision des prix du gaz exporté par l'Algérie se fait avec l'ensemble de ses partenaires au vu de l'augmentation des prix mondiaux du gaz ».

Il avait notamment expliqué qu'outre l'accord récemment acté avec le groupe italien ENI, « d'autres accords sont en cours de négociation avec deux partenaires, d'autant que lors du dernier trimestre, les prix du gaz ont augmenté sur le marché Spot ».

Toufik Hakkara a également précisé que « la révision des prix se fait avec l'ensemble des partenaires de Sonatrach sans tenir compte de la nature du partenaire ». Il a assuré que « les négociations sont très avancées ».

Il faut dire également qu'en raison de la crise diplomatique entre l'Algérie et l'Espagne, cette dernière a été le premier pays à subir les hausses du prix du gaz algérien. En effet, la décision d'augmenter les prix du gaz algérien a été confirmée par le président de l'entreprise espagnole Naturgy, Francisco Reynés, qui avait prévenu que la hausse est « inévitable»[1]Algérie-Espagne : Le président du groupe Naturgy explique la hausse des prix du gaz.

Il avait expliqué que « le pouvoir de négociation de ceux qui disposent d'une ressource rare, en l'occurrence le gaz, est plus important qu'il ne l'avait été à d'autres moments ». « Je dirai que le monde est voué à une hausse des prix du gaz dans les années à venir », avait-il expliqué.