En France, les doléances quant à la délivrance de titres et cartes de séjour se multiplient. Les demandeurs se plaignent de retards dont la cause principale serait la complexification des procédures, et ce suite au Covid-19 qui a imposé de nouvelles règles « relationnelles ».

En effet, depuis la pandémie, il a été décidé que les démarches seront faites sur une plateforme numérique, ce qui n’a pas été pour arranger les choses. Des retards, « se comptant en mois », témoignent les es victimes. Aussi, les réclamations n’aboutissent pas toujours. Même les e-mails ne sont pas ouverts par la Préfecture, c’est du moins ce que croient savoir les plaignants. Toutes ces données sont de nature à faire que la délivrance des papiers sollicités n’intervient que plusieurs mois après le délai imparti par le règlement.

L’exemple d’un plaignant cité par le site Maghreb Emergent[1]Pourquoi les titres de séjour en France sont en retard pour les Algériens ?, Maghreb Emergent est édifiant. À croire le témoignage, qu’il a partagé sur le site officiel de la République française gouv.fr, sa « demande de renouvellement de titre de séjour fut déposée en septembre 2021 ». Un récépissé équipollent à l’autorisation lui a été remis deux mois plus tard. Et au mois de mai de l’année en cours, il n’a pas encore eu entre ses mains le document administratif recherché.

Retards de la délivrance de titres de séjour : procédures pas encore maîtrisées ou volonté délibérée ?

Cette situation exaspère fortement les demandeurs, dont le nombre ne se calcule plus. Outre le malaise psychologique qu’elle crée, elle prive certains d’une infinité de droits, à leur tête le droit au travail. Certains, sceptiques, refuseront de croire que ce n’est qu’une histoire de lourdeur due à un nouveau système pas encore bien maîtrisé. Ils soupçonnent, dans la foulée, une volonté délibérée de rendre l’installation en Hexagone difficile, voire impossible, pour certains.

Ces soupçons – excessifs, à vrai dire – ont bien une origine : la montée des extrêmes droites en Europe. Et la France, étant grandement touchée, est, elle aussi, accusée de sombrer dans la haine de tout ce qui est étranger. D'ailleurs, le nouveau projet de loi sur l’asile et l’immigration, prévu pour le début de l’année 2023, se présente sous deux signes bien particuliers : une « immigration choisie » et plus de « facilité à expulser ».