Plusieurs dizaines de migrants ont envahi l'Hôtel de Ville de Paris en scandant : « justice pour tous ! » L'action a été organisée par le collectif « La Chapelle Debout », qui milite pour l'accueil des étrangers et leur accès au logement. L'évènement n'a pas manqué de susciter des réactions ; pour la plupart négatives.

L'action, actée par une vidéo largement partagée sur les réseaux sociaux, a été confirmée par la Préfecture de Police. Sur les images tournées par le journaliste indépendant Clément Lanot, on voit des migrants franchir les barrières faisant office de clôture de l'Hôtel de Ville de Paris et pénétrer dans l'enceinte du bâtiment. Les protestataires, en plus de « justice pour tous ! », ont crié d'autres slogans réclamant, pour la plupart, le droit de logement. Les migrants et militants ont également demandé à rencontrer la maire de Paris, Anne Hidalgo.

Pour rappel, le collectif La Chapelle Debout, qui se décrit comme un « collectif antiraciste », a, de tout temps, exigé « papiers, logement et liberté de circulation et d'installation pour toutes et tous ». Ce mouvement s'est fait connaître par un certain nombre d'actions qui n'ont pas manqué de susciter la polémique. L'on peut citer, en guise d'exemple, l'occupation de bâtiments, dont un lycée en 2016 et le Panthéon en 2019[1]37 personnes interpellées après l'évacuation des sans-papiers du Panthéon, LePoint.fr. Un immeuble de bureaux avait également été investi le 18 avril 2022.

L'extrême droite veut durcir la politique de l'immigration

La Chapelle Debout critique ouvertement la politique de l'asile et de l'immigration que mène la France. Dans un communiqué publié à l'occasion de cette dernière action, elle a écrit : « [on] nous ramasse dans la rue, puis nous jette encore à la rue ». Et d'ajouter : « quand nous sommes déboutés, c'est notre centre d'hébergement qui nous jette dehors ».

L'occupation de l'Hôtel de Ville de France, de loin la plus symbolique comparativement aux actions passées, a suscité de multiples réactions. Marine Le Pen, qui ne rate aucune occasion de s'attaquer aux migrants et aux politiques des différents gouvernements quant à la question, a publié un tweet assez virulent. « Paris est devenu le terrain de jeu de l'immigration clandestine grâce à la complicité de la gauche et l'impuissance du gouvernement. Leur place n'est pas en France, il faut les renvoyer chez eux », a-t-elle écrit. L'ex-candidat malheureux aux élections présidentielles de 2022, Éric Zemmour, n'a pas, lui non plus, manqué de régir à cet envahissement. « La France n'est pas un hôtel pour migrants. Ils viennent en France illégalement et croient que tout leur est dû. Leur place n'est pas dans nos logements, mais dans des avions », a-t-il tweeté.