Les Algériens sont de grands consommateurs d'alcool et ce secteur, très réglementé, brasse des sommes colossales. Que ce soit des alcools légers, des liqueurs ou des vins, ces boissons sont prisées, même si sur le plan social, la consommation se fait en catimini. L'État également est bénéficiaire dans ce créneau : les taxes générées par la vente des boissons alcoolisées ne sont pas négligeables pour la trésorerie publique. Pour rentabiliser davantage ce secteur, le gouvernement a décidé d'instaurer de nouvelles taxes sur l'alcool dans la Loi de finances 2023.

En effet, ce projet de loi de finances, qui sera présenté devant les députés et devant les sénateurs avant son adoption, prévoit plusieurs nouvelles taxes directes et indirectes. En ce qui concerne les alcools et les vins, le PLF 2023, dans la section des taxes indirectes et assimilées, prévoit une nouvelle hausse des droits de circulation sur les alcools et les vins relevée à 10'000 DZD par hectolitre (100 litres).

Les boissons alcoolisées seront plus chères en Algérie

Plus précisément, le projet de la Loi de finances 2023 prévoit, dans son article 25, une hausse des tarifs du droit de circulation sur les alcools, prévu à l'article 2 du code des impôts. Pour bien illustrer cette hausse, les vins (nationaux ou étrangers) passeront de 77'000 DZD à 85000 DZD (+10 %), tandis que les whiskys et apéritifs à base d'alcool passeront de 110'000 DZD à 150'000 DZD (+36 %). Pour y arriver, le législateur va d'abord commencer par l'abrogation de l'article 48 de la Loi de finances 2012 qui « institue une taxe additionnelle fixe de 5 % sur les droits de circulation des alcools », une taxe qui était destinée au « fonds de lutte contre le cancer ». Cet article sera remplacé par l'article 176 du PLF 2023 une fois adopté.

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Donc, ces hausses couvriront le manque de recettes engendré par l'abrogation de l'article 48 de la Loi de finances 2012, complété et modifié par l'article 69 de la Loi de finances 2018. Ces nouvelles taxes visent également à corriger certaines insuffisances, selon le gouvernement. En effet, le PLF 2023  indique que « le suivi et la gestion des boissons alcoolisées par les services des impôts ne sont pas suffisants ». « L'instauration de ces droits permettra de générer des recettes plus importantes que celles générées actuellement », affirme donc le gouvernement à travers ce projet de Loi de finances 2023.